Une histoire de regard. I Samuel 16:1-13.
Une histoire bien connue pour attirer notre attention sur des réflexes tout aussi connus…
Dans cette histoire éminemment politique (et spirituelle), les sentiments de Samuel, et son regard vont s’opposer au projet et au regard de Dieu. Ce n’est pas une opposition violente, mais une sorte d’apprentissage.
Dieu, lui, a son plan bien précis. Le texte insiste sur la tension : « Moi dit Dieu, j’ai rejeté Saül. », « Toi, remplis ta corne d’huile, va ». Autrement dit : « Fais-moi confiance, j’ai quelque chose de meilleur pour toi et pour mon peuple. Ne t’accroche pas au passé. Avance »
J’ai vu mon roi.
Le français fondamental dit : « J’ai choisi mon roi... chez Jessé de Bethléem. » Mais littéralement il nous est dit que Dieu « voit ». Comme si Dieu scrutait l’humanité du haut du ciel en cherchant qui il va appeler. Dieu observe le monde et nos vies, pas comme un gendarme, mais comme un roi qui dirige, organise, veille sur son Royaume, sa création, avec bienveillance, et autorité. Quel réconfort face à l’actualité et aux épreuves de la vie !
Cette question de regard revient avec le même verbe hébreu « voir » au moment où Samuel fait défiler les fils de Jessé pour chercher le roi que Dieu veut. Ça ressemble à un entretien d’embauche, il y a sept candidats et une place. Alors Samuel les observe, et il est ébloui.
Le voilà sans doute impressionné par la prestance, la taille, la force physique de ces gaillards (Éliab ferait un tabac en couverture de magazine) mais Dieu parle : « Ne te fie pas à sa taille. »
Imaginez la situation de Samuel face à cette famille : à sept reprises, il doit écarter le candidat. « J’ai fait perdre la journée à ce riche propriétaire et ses sept fils… ».Ce n’est pas facile de suivre Dieu ; c’est un drôle de patron ; il a un curieux regard sur les gens.
Les yeux ou le cœur ?
« L’homme regarde ce qui frappe les yeux, mais le Seigneur regarde au cœur. » Derrière nos traductions, on retrouve le même verbe « voir » du début de ce récit. Cette parole est la clé de tout, et Samuel doit s’accrocher à cette parole. Son regard ne suffit pas. L’image est accompagnée de paroles claires de Dieu. Comme dans les BD l’image est accompagnée de texte.
Samuel doit insister pour qu’enfin Jessé se souvienne de David qui garde les moutons. Certaines traductions disent : « C’est le plus jeune. » Mais le mot juste c’est « petit », même si dans nos familles, on confond souvent les deux mots.
Le mot « petit » fait écho à autre chose que la taille. Quand Samuel adresse des reproches à Saül, il lui dit de la part de Dieu « Quand tu étais petit à tes propres yeux, Dieu t’a choisi pour roi d’Israël. » I Samuel 15:17.
Au début, Saül avait peur de devenir roi, de monter sur une estrade, d’être dévisagé par la foule. Et puis, il a pris goût au pouvoir. Il a écouté les flatteries ; il était doué, et il est devenu orgueilleux.
Dieu regarde au cœur, au plus profond de notre être de notre personnalité. Et il remplace Saül le malade du pouvoir, l’orgueilleux par un « petit » nommé David. Alors, Samuel va faire de lui un « messie » en déversant sa corne d’huile sur sa tête, l’élu, celui sur qui Dieu vient par son Esprit-Saint.
Francine Bonnet,
Pasteur de l'EEL de Viane-Vabre
Francine Bonnet,
Pasteur de l'EEL de Viane-Vabre