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Quand tout est dit, voici Jésus !

Nous voilà parvenus au terme de la fresque impressionnante de l’accomplissement du dessein divin donnée dans l’Apocalypse.
Au point culminant de l’Apocalypse, le lecteur découvre une vision grandiose du ciel et de la terre renouvelés (21:1ss). Mais au lieu de nous conduire dans la contemplation de l’Agneau-Epoux – déjà entrevu lors du double rappel de ses noces imminentes (19:7,9) – elle nous fait découvrir son Épouse (21:9), une ville aux fondements marqués du nom des apôtres de l’Agneau (21.14) et à la muraille incrustée de pierres précieuses (21:18-21) ! L’Épouse
Appelée Nouvelle Jérusalem, cette épouse-ville de la fin ne surprend guère, à vrai dire, car l’histoire biblique nous a habitués à cette double métaphore : Dieu n’était-il pas, sous l’ancienne alliance, l’Époux d’Israël-Jérusalem, son peuple (par exemple dans Es 54:5), comme le Christ est, sous l’alliance renouvelée, le fiancé de l’Église (2 Cor 11:2) ? N’a-t-on pas aperçu dans la finale d’Ézéchiel la Jérusalem restaurée, et entendu Paul évoquer la Jérusalem d’en haut ? (Gal 4:26) Mais, surtout, dans l’Apocalypse, le voyant n’a-t-il pas tôt fait de nous fournir une importante clé de lecture (en 3:12), en précisant comment la ville ultime, abritant le Temple de Dieu, devait textuellement descendre du ciel d’auprès de Dieu (chose faite en 21:10) ?
Au septénaire inaugural (2:1-3:22), le Christ avait parlé à son Église encore en devenir ; ici, puisqu’elle est d’ores et déjà parfaite, le voilà qui vient s’allier à elle pour toujours. Là, un fidèle vainqueur pouvait espérer une place de choix au Temple (3:12 toujours) ; ici, il n’y a plus de temple du tout (21:22) – mais la raison en est que Dieu et l’Agneau sont désormais présents, sans médiation, parmi les hommes dans cette ville-temple devenue ville-communion. Là, l’accès anticipé au fruit de l’arbre de vie (2:7) et le repas d’alliance à prendre en face-à-face avec l’Époux bien-aimé (3:20) étaient restés des promesses ; ici, une présence définitive de Dieu et de l’Agneau se réalise pour les peuples de l’humanité – « Dieu avec eux », en somme (21:3) – dans la ville paradisiaque où leur trône s’établit (22:3).
Là encore, le Christ avait promis de venir bientôt (3:11) ; ici, au moment où la vision s’estompe et alors que l’ange (22:6) ouvre la séquence finale, cette promesse se renouvelle non moins de trois fois : c’est d’abord nommément « Jésus » qui dit et redit « je viens bientôt » (22:7,12), puis qui se répète au terme d’une série de dernières paroles (22:20) explicitement préfacée d’un « moi, Jésus » (22:16). À sa fin comme à son début, celui qui parle dans l’Apocalypse, c’est Jésus.

L’Époux
Jésus-Christ, d’emblée le sujet et l’objet de la révélation (1:1), avait été désigné – pour commencer – fidèle Témoin, Ressuscité, suprême Roi, Libérateur du péché (1:5-6). Puis, au cours de ces études, nous l’avons découvert encore, par moments : parlant à son Église (aux chapitres 2-3) ou incarné par l’exécuteur de la volonté divine, l’Agneau immolé-mais-debout (dès 5:6) ; représenté par ses témoins assistants (en 11:3-13) ou surgissant, en guise de puissant cavalier (19:11), comme « Parole de Dieu » et Juge. Maintenant, pour finir, le voici qui n’est autre que « Jésus » et pourtant, car tel est le mystère, tout aussi bien « Alpha et Oméga, premier et dernier, commencement et fin » (22:13).
Lecture faite, comment y répondre, lui répondre ? Sans doute en joignant notre acclamation au triple « viens ! » de l’épilogue (22 :17,20) : viens, Seigneur Jésus !

Par Gordon Campbell,
professeur de Nouveau Testament à la faculté de l’Eglise presbytérienne en Irlande (Belfast)