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Rien de ce qui se fait ne se fait sans lui…

Mieux connaître le Christ… et l’Apocalypse (4/6).
En 5:7-8 le Christ-Agneau, rencontré en 5:6, a reçu le livre de la volonté de Dieu pour l’humanité. Il en devient maintenant le digne exécuteur, dirigeant la suite de l’action (dès 6:1) par la brisure de chacun des sept sceaux (cf. 5:2,5). Malgré les souffrances causées, Dieu reste souverain : les cavaliers partent tous les quatre de son trône (6:1-8), tandis que les fidèles martyrs comptent sur son intervention (6:9-11) ; et lorsque sa justice se révèle, l’Agneau partage sa colère contre le mal (6:16). Le Christ et les siens
Avant l’ouverture du septième sceau, un interlude nous fait découvrir les cent quarante-quatre mille, marqués d’un sceau protecteur (7:4-8). Il n’est pas dit explicitement que l’Agneau s’associe à eux ; c’est néanmoins sous-entendu et cela sera rendu explicite dans la scène où ils réapparaîtront (en 14:1), debout sur le Mont Sion, lui et ses partisans qui portent son nom et celui de son Père (14:3-4).
Une deuxième vision parallèle (7:9-17) révèle l’immense foule universelle des sauvés. Ici, se trouvent soulignés trois aspects de l’efficacité du ministère de l’Agneau en leur faveur : d’abord son partage du trône divin, devant lequel tous s’assemblent (7:9-10,15 ; cf. 5:13) – ce qui confirme sa participation à la réalisation du plan de salut de Dieu ; puis leur délivrance effective de la grande détresse, obtenue par le versement de son sang (7:14 ; cf. 5.9) ; enfin le fidèle secours, prodigué par l’Agneau-devenu-berger, dont ils bénéficient sous l’alliance nouvelle (7:17). Dénombrés d’Israël (7:4), ou foule indénombrable de la terre (7:9), tous sont l’objet de cette sollicitude de la part de l’Agneau-Sauveur – ce qui les encourage à louer Dieu (7:11-12,15) et à persévérer dans le témoignage.

Présent malgré tout
Entre ces deux phases (6:1-8:1 ; 14:1-5) le septénaire des trompettes vient rompre (dès 8:2) un silence qui s’est produit lorsque l’Agneau a ouvert l’ultime sceau, pour s’achever, au son de la septième de la séquence (11:15), avec l’acclamation d’un règne devenu celui du Seigneur et de son Christ. Pourtant dans le récit (de 8:2 à 13:18), c’est l’absence du Christ qui peut étonner.
À y regarder de plus près, invisible ne signifie pas absent. Il y a tout d’abord l’ange puissant de 10:1-11, aux traits quasi divins (rappelant ceux du Ressuscité de 1:12-20), et qui porte un petit livre contenant la Parole divine : comment dissocier son rôle et son pouvoir, dans la transmission à Jean de la Révélation, de ceux de l’Agneau ?
Quant aux deux témoins de 11:3-13, ne ressemblent-ils pas étrangement, à eux deux, au seul Messie dans son ministère de Témoin fidèle (1:2,5) ? Car en témoignant, avec un certain succès (11:13), à l’humanité entière (11:9-10), ils connaissent comme lui, et à Jérusalem aussi, la souffrance et la mort (11:7-8), puis une résurrection (11:11) et une ascension (11:12), semblables aux siennes.
Ensuite au chapitre 12, aidé par la précision que le Messie a pris l’autorité en mains (12:10), on peut reconnaître dans l’expulsion du dragon-accusateur, par Michel, du conseil de Dieu (12:7ss), l’équivalent céleste de la victoire terrestre du Christ sur le mal à la croix. Et deviner, dans l’être même des deux monstres qui viennent aider le dragon vaincu (au chapitre 13), un tandem de pseudo-témoins et, surtout, la monstrueuse caricature des vrais témoins, ainsi que – on le voit dans le détail de leur signalement – de l’Agneau lui-même. Celui-ci réapparaît en 14:1 ; mais de toute manière rien de ce qui se fait dans l’Apocalypse ne se fait sans ce Témoin fidèle (1:5) !

Par Gordon Campbell,
professeur de Nouveau Testament à la faculté de l’Eglise presbytérienne en Irlande (Belfast)