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L’Apocalypse : source de bonheur (Ap 1.3)

Mieux connaître le Christ… et l’Apocalypse, tel est le projet de ce nouveau parcours biblique écrit par un spécialiste (auteur de L’Apocalypse de Jean. Une lecture thématique – Excelsis 2007).

Hereux celui qui donne lecture des paroles de cette prophétie et ceux qui les entendent, et qui obéissent à ce qui est écrit dans ce livre, car le temps est proche. (Ap 1.3)
L’Apocalypse : source de bonheur ! Tout au moins, si l’on doit prendre au sérieux cette béatitude. Car celle-ci – la première de sept, d’ailleurs, qui jalonneront le texte – propose d’emblée de combler celui qui lirait ce livre aux fidèles rassemblés (votre pasteur, éventuellement) comme tout fidèle qui, écoutant bien cette lecture du dimanche matin, conformerait sa vie dès le lendemain aux exigences du message qu’il vient de recevoir.

Mauvaise réputation
Mais pour le chrétien, le bonheur n’est-il pas synonyme – avant toutes choses – de la connaissance, au moyen de la foi, du Dieu qui selon l’Évangile a tant aimé le monde en donnant son Fils ? Or qu’est-ce que l’Apocalypse a à voir avec cette Bonne Nouvelle-là, qui donne la vie ? Ne s’agit-il pas plutôt d’une page d’Écriture bien plus sombre, consacrée à la dure réalité et à l’ultime minute de vérité que connaîtront, à la fin des temps, les hommes et le monde, une fois traduits devant un Dieu-Juge sévère ? Comment ce livre rébarbatif rendrait-il le croyant heureux, au sens spirituel du terme ?
La mauvaise réputation coutumière de l’Apocalypse semble faite, son manque d’à propos établi pour une foi quotidienne heureuse. Seulement, peut-on réellement aller jusqu’à prétendre que le Christ, mort et ressuscité pour nos péchés, ne trouve pas sa place centrale et déterminante dans le dernier livre de la révélation ? A cette question, et malgré la mauvaise presse qu’a reçue l’Apocalypse, nous oserons répondre « non ».
« Non », précisément, parce que le texte même de l’Apocalypse – en dépit des réelles difficultés qu’il pose – rend inopportune, voire impossible une telle évacuation du Christ connu des Évangiles et de la prédication apostolique. Au lieu de le cacher, l’Apocalypse, c’est-à-dire la Révélation, dit vouloir le dévoiler :
Révélation de Jésus-Christ… Dieu l’a confiée à Jésus-Christ pour qu’il montre à ses serviteurs ce qui doit arriver bientôt ; et Jésus-Christ, en envoyant son ange, l’a fait connaître à son serviteur Jean. En tant que témoin, celui-ci… a annoncé tout ce qu’il a vu. (Ap 1.1-2)

Jésus-Christ seulement
Pour message ou témoignage (pour contenu, donc), l’Apocalypse n’a, semble-t-il, que l’annonce de Jésus-Christ ; et pour ultime auteur (Jean n’étant à son origine que d’une manière dérivée), cette même proclamation n’a que le Christ lui-même. L’objet comme le sujet de la révélation, c’est donc Jésus-Christ et ce, du début à la fin puisque le « Seigneur Jésus » (22.20-21) aura le dernier mot comme il en aura eu le premier.
Et non seulement le premier mot mais une série de paroles solennelles qu’en tant que Témoin digne de foi (1.5a), doté d’une voix forte (1.10) – et en étroite association à l’Esprit de Dieu (1.10) – le Christ prononce, fait consigner par écrit puis envoie au profit de son Église au septuple (1.11). Ces sept Églises d’Asie romaine sont au bénéfice de sa grâce et de sa paix (1.4) – Paul dans ses lettres a l’habitude de le dire – mais, surtout, de son amour : Il nous aime, il nous a délivrés de nos péchés par son sacrifice, il a fait de nous (1) un peuple de rois, des prêtres au service de Dieu, son Père : à lui donc soient la gloire et le pouvoir pour l’éternité ! Amen. (Ap 1.5-6).

Par Gordon Campbell, professeur de Nouveau
Testament à la faculté
de l’Eglise presbytérienne
en Irlande, à Belfast

(1) Ici, c’est le « nous » qui frappe : car « nous », ce sont également vous et moi du moment où, comme les premiers destinataires de la révélation, nous prêtons nous aussi l’oreille pour entendre ce que dicte ce Christ qui nous aime (2.1 ; 2.8 etc.), secondé par l’Esprit (2.7 ; 2.11 etc.).