Le Lévitique (2/5) : les sacrifices
Nous poursuivons notre survol du livre du Lévitique. Les chapitres 1 à 7 présentent cinq types de sacrifices ou offrandes.Le sacrifice est une pratique religieuse commune à la plupart des sociétés anciennes. Il est lié au sentiment que la mort infligée à l’animal dont on consomme la viande n’est pas un fait banal. Dieu étant perçu comme le maître de toute vie, il paraît indispensable de l’associer à cet acte singulier, de saisir l’occasion pour lui témoigner sa reconnaissance ou implorer son pardon. La façon dont le sacrifice est compris dans la loi donnée à Israël est révélatrice des relations que Dieu veut entretenir avec son peuple.
Volontaire ou imposé, consumé ou consommé…
Les sacrifices sont répartis en deux catégories : les sacrifices volontaires, offerts à l’initiative de l’adorateur, et les sacrifices imposés, qu’on est tenu d’offrir pour le pardon d’une faute. La présentation fait bien ressortir cette différence. Pour les uns, c’est l’intention de l’adorateur qui introduit la description du sacrifice : « Si quelqu’un offre » (Lv 1.2 ; 2.1 ; 3.1). Pour les sacrifices autres, c’est la faute commise (4.1 ; 5.14).
Les sacrifices volontaires sont au nombre de trois : holocauste (chap. 1), offrande végétale (chap. 2) et sacrifice de communion (chap. 3). L’holocauste est entièrement brûlé sur l’autel en offrande « d’odeur agréable » (1.13). L’expression souligne la spiritualité de Dieu, qui ne se nourrit pas de la viande des sacrifices. Elle révèle aussi l’inégalité des partenaires : tout ce que l’être humain peut offrir à Dieu reste invisible et immatériel, quelques instants de bonne odeur. Le sacrifice de communion, appelé aussi sacrifice de paix, est le seul dont l’adorateur reçoive une part (substantielle) pour se nourrir. La graisse et des abats sont brûlés sur l’autel en offrande d’odeur agréable, un morceau de choix est réservé au prêtre (7.31-36), le fidèle reçoit le reste de la viande qui constituera le plat principal du repas de fête.
Les sacrifices imposés, au nombre de deux, sont désignés l’un et l’autre par un nom qui évoque l’offense elle-même : péché (4.1-5.13) et faute (5.14-26). Cette particularité de vocabulaire a bien embarrassé les traducteurs, qui ont essayé de rendre le mot par une expression qui évoque la faute tout en faisant comprendre qu’il s’agit d’un sacrifice : « sacrifice pour le péché », « de culpabilité » ou « de réparation. »
La différence la plus visible entre ces deux sacrifices est que le premier, le sacrifice péché, comporte un tarif modulé, avec majoration pour les responsables politiques ou religieux (chef, prêtre) et réduction pour les pauvres. Le sacrifice faute fait l’objet d’une tarification unique, la seule référence retenue pour déterminer la valeur de l’animal offert étant l’importance du préjudice.
Ces sacrifices imposés ne s’appliquent qu’à des fautes involontaires ou mineures. Quelques exemples sont donnés : 5.1-4 pour le sacrifice péché et 5.20-22 pour le sacrifice faute. Aucun sacrifice n’est prévu pour les fautes graves ou délibérées, un passage du livre des Nombres le confirme (Nb 15.29-30). En limitant l’obligation de sacrifice à des fautes que l’on pourrait estimer excusables, la loi biblique insiste sur la réalité de la faute, même mineure ou involontaire. Elle révèle aussi les limites du système ancien pour garantir le pardon divin. Seule la mort du Fils de Dieu, qui s’est offert lui-même en sacrifice pour nos péchés, peut nous assurer le pardon et la communion avec Dieu figurés par ces sacrifices.
Les sacrifices volontaires sont au nombre de trois : holocauste (chap. 1), offrande végétale (chap. 2) et sacrifice de communion (chap. 3). L’holocauste est entièrement brûlé sur l’autel en offrande « d’odeur agréable » (1.13). L’expression souligne la spiritualité de Dieu, qui ne se nourrit pas de la viande des sacrifices. Elle révèle aussi l’inégalité des partenaires : tout ce que l’être humain peut offrir à Dieu reste invisible et immatériel, quelques instants de bonne odeur. Le sacrifice de communion, appelé aussi sacrifice de paix, est le seul dont l’adorateur reçoive une part (substantielle) pour se nourrir. La graisse et des abats sont brûlés sur l’autel en offrande d’odeur agréable, un morceau de choix est réservé au prêtre (7.31-36), le fidèle reçoit le reste de la viande qui constituera le plat principal du repas de fête.
Les sacrifices imposés, au nombre de deux, sont désignés l’un et l’autre par un nom qui évoque l’offense elle-même : péché (4.1-5.13) et faute (5.14-26). Cette particularité de vocabulaire a bien embarrassé les traducteurs, qui ont essayé de rendre le mot par une expression qui évoque la faute tout en faisant comprendre qu’il s’agit d’un sacrifice : « sacrifice pour le péché », « de culpabilité » ou « de réparation. »
La différence la plus visible entre ces deux sacrifices est que le premier, le sacrifice péché, comporte un tarif modulé, avec majoration pour les responsables politiques ou religieux (chef, prêtre) et réduction pour les pauvres. Le sacrifice faute fait l’objet d’une tarification unique, la seule référence retenue pour déterminer la valeur de l’animal offert étant l’importance du préjudice.
Ces sacrifices imposés ne s’appliquent qu’à des fautes involontaires ou mineures. Quelques exemples sont donnés : 5.1-4 pour le sacrifice péché et 5.20-22 pour le sacrifice faute. Aucun sacrifice n’est prévu pour les fautes graves ou délibérées, un passage du livre des Nombres le confirme (Nb 15.29-30). En limitant l’obligation de sacrifice à des fautes que l’on pourrait estimer excusables, la loi biblique insiste sur la réalité de la faute, même mineure ou involontaire. Elle révèle aussi les limites du système ancien pour garantir le pardon divin. Seule la mort du Fils de Dieu, qui s’est offert lui-même en sacrifice pour nos péchés, peut nous assurer le pardon et la communion avec Dieu figurés par ces sacrifices.
Par Emile Nicole,
professeur d’Ancien Testament à la Faculté libre
de théologie évangélique de Vaux-Sur-Seine (Yvelines)