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Accueil Etudes La paternité d'Abraham (4) Abraham, père d’une multitude de nations

Parmi les promesses du Seigneur associées à son alliance avec Abraham, il y a celle de faire de lui le père d’une multitude de nations. C’est en Genèse 17 que cette promesse apparaît pour la première fois, lorsque le Seigneur change le nom d’Abram en Abraham, et celui de Saraï en Sara. « On ne t'appellera plus du nom d'Abram : ton nom sera Abraham, car j'ai fait de toi le père d'une multitude de nations. » (Gn 17.5). De même pour Sara : « Je la bénirai : d'elle aussi je te donnerai un fils ; je la bénirai, et elle deviendra des nations ; les rois de plusieurs peuples sortiront d'elle. » (Gn 17.16). La Genèse laisse d’ailleurs entrevoir l’émergence de plusieurs peuples issus d’Abraham : les Madianites (Gn 25.2), les Ismaélites (25.12ss), Edom (Gn 36.31)… Mais la dimension universelle de l’alliance avec Abraham était déjà présente, dès son appel initial. Le Seigneur lui avait dit : « Je ferai de toi une grande nation » (Gn 12.2a) mais aussi : « Tous les clans de la terre se béniront par toi. » (Gn 12.3b). L’idée de cette dernière affirmation semble être que le sort d’Abraham sera tellement enviable que, dans toutes les nations, on s’y référera pour appeler le bien sur quelqu’un, en disant par exemple : « sois heureux comme Abraham ! » On peut aussi comprendre le verbe bénir sous une forme passive et traduire « tous les clans de la terre seront bénis en toi », en faisant d’Abraham la source d’une bénédiction universelle.
Après le « sacrifice » d’Isaac, le Seigneur renouvelle son alliance avec Abraham et redit : « Toutes les nations de la terre se béniront (ou seront bénies) par ta descendance, parce que tu m'as écouté. » (Gn 22.18). La bénédiction universelle est ici liée à la descendance d’Abraham et fondée sur l’exemple de foi d’Abraham (« parce que tu m’as écouté »). Abraham, « père d’une multitude de nations », devient le père des croyants de toutes les nations.

La promesse reprise par les prophètes
La promesse de bénédiction universelle associée à Abraham et sa descendance est reprise par les prophètes, notamment Esaïe. Ce dernier définit le peuple d’Israël comme le serviteur du Seigneur (Es 41.8, 44.2, 44.21, 45.4, 48.20, 49.3), appelé notamment à être « lumière pour les nations » (Es 42.6). Une vocation qui rappelle la promesse faite à Abraham, dont la descendance sera source de bénédiction pour tous les peuples. Mais le peuple d’Israël ayant échoué dans sa vocation (cf. Es 42.18-20), c’est le Messie qui sera le Serviteur du Seigneur et qui l’accomplira pleinement (Es 49.6).
Dans cette perspectives messianique, Esaïe évoque le rassemblement à Jérusalem de toutes les nations (Es 2.2, 11.10, 60.3, 66.18-21). On retrouve la même perspective chez d’autres prophètes (cf. Jr 3.17, Dn 7.14, Mi 4.2, Za 2.15…). Ne peut-on y voir l’accomplissement de la promesse faite à Abraham ? D’autant que les nations viendront se greffer à Israël puisqu’il est même précisé que parmi elles, Dieu prendra des prêtres et des lévites (Es 66.21) !
Enfin, dans le Nouveau Testament, la multitude des nations issues d’Abraham est comprise comme la multitude des croyants issus de toutes les nations (cf. Rm 4.16-17). Mais nous y reviendront dans notre prochaine et dernière étude sur la paternité d’Abraham…

Vincent Miéville