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Accueil Etudes Le Magnificat : cantique-prière de Marie

« Magnificat anima mea Dominum ». Le premier mot de la traduction latine de la Bible a laissé le nom le plus communément utilisé pour le cantique de Marie prononcé lors de sa visite à Elisabeth alors que s’accomplit la promesse de l’ange Gabriel au sujet du destin hors norme assigné par Dieu à Marie : devenir la mère du Messie. S’agit-il d’un cantique ou d’une prière ? Luc l’introduit par ces simples mots : « et Marie dit ». Mais si l’on considère la parenté spirituelle et la ressemblance littéraire avec le cantique d’Anne en 1 Samuel 2 : 1 à 10, qui est précédé par « Anne PRIA et dit », on peut légitimement considérer qu’il s’agit d’une prière. C’est une prière de louange que Marie fait monter vers son Dieu. Prière unique par la personne qui la prononce et par l’évènement qui l’inspire : rien moins que la mère du Messie, et la conception miraculeuse du Sauveur du monde.
L’atmosphère toute entière de cette prière est à la joie, la jubilation, la célébration, ce qui en fait un hymne, un cantique. L’Esprit saint, même s’il n’est pas mentionné dans le récit, est à l’œuvre dans le cœur de Marie pour inspirer sa louange.

On peut souligner dans les paroles de Marie l’affirmation de la souveraineté de Dieu, sa grandeur, sa puissance, sa sainteté ainsi que sa bonté. Dieu est au centre de la prière comme Celui qui intervient en faveur de ses enfants (v 49), de son peuple (v 51, 54) et qui se plaît à renverser les valeurs et les hiérarchies humaines. Il choisit d’élever ce qui est bas, d’abaisser ce qui est haut ; Il comble les pauvres et renvoie les riches à vide. Autant de thèmes très présents dans la révélation vétérotestamentaire du Seigneur.
Mais la prière de Marie est marquée également par la confession de sa faiblesse, de sa pauvreté personnelle.Elle évoque son humble condition (v 48), le fait qu’elle se considère comme la servante du Seigneur (v 48, comme en 1 : 38). Humble prière d’une jeune femme, simple croyante juive qui loue Dieu du privilège qui lui échoit par la volonté souveraine et mystérieuse du Tout-Puissant.

Dans sa forme, la prière de Marie se caractérise surtout par son imprégnation totale de textes de l’ancien testament. On peut citer les passages suivants : 1 Samuel 2 : 1 à 10 ; Ps. 103 : 17 ; Ps. 98 : 3 ; Esaïe 41 : 8-9 ; Genèse 22 : 18 etc. Malgré cette accumulation de références, la louange de Marie n’est pas une simple compilation de textes bibliques ; elle exprime véritablement sa pensée, ses sentiments les plus profonds. Marie s’approprie ces textes personnellement, elle les assimile pour en faire l’expression de sa propre louange. Puissent nos prières être enracinées dans le même terreau biblique pour exprimer nos sentiments de toute nature et notamment de reconnaissance !

Au-delà du statut unique de cette prière-cantique, les paroles de Marie exposent l’aspect universel de la prière, pour ce qui est de ses fondamentaux : la primauté de Dieu, aussi bien dans ce qu’Il est que dans ce qu’Il fait ; l’humilité de la condition humaine ; l’intimité entre le croyant et son Seigneur, et la place essentielle de la Parole de Dieu dans l’expression des sentiments.

Marie fait référence à la fin de son cantique à Abraham, le père du peuple d’Israël, mais également celui par lequel toutes les nations étaient appelées à être bénies. Cette universalité de la promesse trouve son accomplissement dans la personne de Jésus, le Messie, venu pour donner sa vie pour tous les hommes. C’est ce Sauveur unique, le Fils de Dieu, que Marie va porter en son sein pendant neuf mois avant de le mettre au monde. Oui, Dieu a fait de grandes choses pour elle … et pour nous, en nous donnant un tel Sauveur.
Bienheureux ceux et celles qui se confient en Lui !Raymond Chamard