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Accueil Etudes Marc 5 – Marc 11-13

Lieu d’action : le temple

Jésus, en chemin, a prévenu ses disciples de ce qui lui arriverait à Jérusalem (8.31, 9.31, 10.33-34). Cependant, si l’opposition des autorités religieuses est tangible, c’est plutôt l’autorité de Jésus qui se manifeste à son arrivée à Jérusalem. On y accueille Jésus comme le Fils de David (11.10, cf. 10.47-48) et une foule nombreuse l’écoute avec plaisir quand il affirme que le Christ n’est pas le fils de David mais son Seigneur (12.35-37). Le « lieu » de toute cette section est le temple. Quand Jésus entre à Jérusalem, c’est là où il se rend. D’ailleurs, il ne reste pas dans la ville mais retourne chaque jour au temple (11.11, 15, 19, 27). Cependant, le discours du chapitre 13 a lieu en face du temple (13.1, 3). Nous comprenons ainsi que la mission de Jésus est spirituelle et non « politique » mais aussi que Jésus se dissocie du temple : son temps est passé.

Qui a l’autorité ? Marc souligne que Jésus a l’autorité dans le temple. Les autorités religieuses le contestent (11.27-28), mais ils sont confondus par les réponses magistrales de Jésus à leurs questions pièges. Chaque fois, Jésus les renvoie à leur responsabilité devant Dieu (voir 12.17, 27, 34). Par la parabole des vignerons (12.1-12), il affirme clairement que son autorité est celle du Fils de Dieu et les avertit que leur refus de rendre à Dieu les fruits de la vigne conduira au drame et au jugement adéquat : « le maître de la vigne…fera disparaître les vignerons et il donnera la vigne à d’autres » (12.9).

La fin d’une « saison » En effet, s’il est important que Jésus manifeste son autorité dans le temple qui est encore la maison de Dieu (11.17), toute cette section annonce son jugement. Jésus annonce la fin et de la construction (13.2), et du système religieux (12.12). Ce jugement qui interviendra quarante ans plus tard, Jésus l’anticipe en chassant les vendeurs du temple et en maudissant le figuier. Comme dans le temple où Jésus regarde (11.11), ainsi s’approche-t-il du figuier pour voir s’il y a des fruits. Mais il n’y trouve rien. Le temple qui semble luxuriant (13.1) est sans fruit. Bientôt, sa magnificence ne trompera plus personne, on le verra aussi « desséché » (13.2). Car une autre « saison » va commencer, celle de la « pierre que les constructeurs ont rejetée » (12.10).

Le fruit agréé de Dieu Mais quel fruit cherche le Fils de Dieu ? Nous ferons bien d’y prêter attention. Le chapitre 12 nous fournit quelques indications. A un scribe qui demande « quel est le premier de tous les commandements ? », Jésus répond : « …tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ton intelligence et de toute ta force. Le second, c’est : tu aimeras ton prochain comme toi-même » (12.28-34). Puis, en regardant une pièce d’argent, Jésus dit, « rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ». La pièce portait l’image de César. Qu’est-ce qui porte l’image de Dieu et que devons-nous lui rendre ? N’est-ce pas notre personne (12.13-17) ? Enfin, Jésus qui jette un dernier regard dans le temple repère un fruit au milieu des feuilles : une veuve qui donne tout ce qu’elle a, qui donne elle-même. C’est là le seul « fruit » digne de Dieu (12.41-44).

Katie Badie