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Accueil Etudes Marc 2

Les deux grandes questions « Qui est Jésus » et « Quelle est sa mission ? » orientent toute cette section de l’Evangile. La dernière partie (4.35-5.43) reprend le thème de l’autorité de Jésus sur les maux de la création, mais à une échelle plus étonnante encore que celle des guérisons à Capharnaüm. Jésus démontre son autorité sur les éléments déchaînés, ce qui provoque la question des disciples stupéfiés, « Qui est-il donc, celui-ci, que même le vent et la mer lui obéissent ? » (4.35-41). Puis, Jésus délivre le démoniaque que « personne n’avait la force de maîtriser » et à la vue de l’homme « assis, vêtu et avec toute sa raison », les gens prennent peur (5.1-20). Et encore, Jésus guérit la femme avec une perte de sang qu’aucun médecin n’a pu arrêter et ressuscite la fillette de Jaïrus, démontrant son autorité sur la maladie et la mort, malgré quelques instants de doute car Jésus semble arriver trop tard pour sauver la fille (5.35). Le thème de la foi en Jésus, le maître de la création, ressort de cette section (4.40, 5.34, 5.36).

Cependant, le lecteur de l’Evangile de Marc a déjà été averti que si les miracles annoncent l’autorité de Jésus, ils ne constituent pas en soi sa mission. Dans la section 1.40-3.6 si Marc entretient la question de l’identité de Jésus, notamment avec le titre Fils de l’Homme[i], il explicite plus particulièrement sa mission. Si nous notons, en ce qui concerne le lépreux, qu’il s’agit d’une « purification » gérée par le prêtre, non seulement d’une guérison, trois récits (1.40-45, 2.1-12 et 2.17) nous montrent que Jésus a l’autorité de pardonner les péchés (2.9-12) et que sa mission est d’appeler des pécheurs (2.17). Si les autorités religieuses protestent, « Qui peut pardonner les péchés sinon un seul, Dieu ? » (2.7), ils proclament l’identité de Jésus malgré eux, mais leur objection est aussi « politique », car la gestion du péché leur revient. Ce conflit se durcit quand Jésus se proclame, par les trois récits suivants (2.18-22, 2.23-28, 3.1-6), maître de la Loi. La dernière scène est pénible, car il nous montre que le système religieux peut condamner le bien et faire alliance avec le pouvoir humain pour faire le mal. Jésus en est navré (3.5) et l’ombre de la croix se projette déjà (3.6)
Comment Jésus réagit-il à cette opposition? Il se retire « vers la mer »[ii], mais la multitude le suit (3.7-8). Il monte alors sur une montagne (comme Moïse) et appelle douze apôtres (comme les douze tribus d’Israël). Puis, en avertissant les scribes de ne pas se tromper de camp (3.22-30), Jésus redéfinit « la famille de Dieu », qui ne sera plus selon la naissance mais selon l’obéissance à la volonté de Dieu de ceux qui l’écoutent (3.20-21, 31-35). Bref, rejeté par les autorités religieuses, Jésus appelle un nouveau peuple de Dieu. Enfin, la double mission des apôtres d’être « avec lui » et de « proclamer » (3.14-15) est explicitée par la section suivante (4.1-34) où Marc retient des paraboles de Jésus sur l’efficacité de la Parole pour l’extension du règne de Dieu et souligne l’accès personnel des disciples à leur interprétation magistrale (4.10-20, 33-34).
Katie Badie


[i] Jésus désigne ainsi son humanité mais en même temps se réfère au personnage céleste qui apparaît dans Daniel 7.13-14 et qui reçoit l’autorité sur la terre (cf. Marc 8.8, 13.26, 14.61).
[ii] Les diverses traversées de la mer prendront une place significative dans la suite du récit.