Néhémie III - Néhémie, un homme de combat
Décidemment Néhémie est un homme complet. Visionnaire et leader mais aussi homme de prière, il a su également revêtir la tenue du parfait combattant. Plus par nécessité que par choix semble-t-il.
Néhémie sous pression
On imagine que Néhémie dans sa cave à vin ne s’était pas vraiment préparé au combat. Mais il va vite apprendre que le principe d’Archimède s’applique à tous ceux qui ont des projets pour Dieu. Plongé dans un liquide, il va subir de la part de ce liquide une poussée…Cette pression va prendre, pour Néhémie, les traits d’un homme du nom de Sanballat. Dès l’arrivée de Néhémie à Jérusalem, l’adversaire montre les dents « Il prit très mal le fait qu’un homme soit venu pour chercher le bien des fils d’Israël » (2.10 Colombe). On cerne mieux le personnage : il prend très mal le bien !
Pour ce coup-ci, Néhémie laisse passer mais un peu plus tard, notre professionnel de l’opposition passe à l’attaque frontale. Ce sera un vrai coup médiatique : «devant ses compatriotes et toute l’armée de Samarie», il sort l’arme qu’il croit fatale, celle du mépris : « Qu’est-ce que ces minables Juifs veulent donc faire ? » (3.34 Semeur). Le ton est donné et il est connu ! Intimidation, moquerie, déstabilisation. On cherche manifestement à décourager. Le terme hébreu traduit par « minable » signifie également « sans espoir ». Vous êtes désespérants de nullité (nous) dit Sanballat !
Néhémie répond au mépris
La réponse de Néhémie en deux mouvements est digne, très digne. Pas de contre attaque ni d’escalade de la violence verbale. Il n’entreprend rien contre ses adversaires mais s’en remet à Dieu : « Ecoute ô Dieu comme on nous méprise » (3.36). Puis, suit une petite prière bien sentie qui fait penser aux Psaumes d’imprécation (le Psaume 58 avec le fameux : « Dieu casse leur les dents dans la gueule ! » (Tob). Paroles de défoulement mais aussi paroles de confiance : C’est toi qui vois, Seigneur !
La deuxième partie de la réponse de Néhémie au mépris de Sanballat est, elle aussi, magnifique : « Cependant, nous avons continué à bâtir la muraille. » Il y a beaucoup dans ce petit mot : cependant. Malgré la pression, en dépit des calomnies, nous avons persévéré dans le projet de Dieu. A l’opposition en furie, le peuple de Dieu oppose le calme de la persévérance.
Quand la pression monte
Mais Sanballat ne s’avoue pas vite vaincu. Au chapitre 4, alors que la muraille est à mi-hauteur, il revient à la charge non sans avoir organisé l’opposition « Ils se liguèrent tous ensemble pour aller attaquer Jérusalem». Cette fois Néhémie et le peuple sont pris de tous côtés. La pression devient vite insoutenable et les résultats ne se font pas attendre : fatigue et découragement (v4), rumeurs et panique (v.6). Et ici encore, en pleine crise, Néhémie va prier. Une prière qui semble l’avoir inspiré pour la suite. Il réorganise le travail sur la muraille et arme les travailleurs. Il met aussi le doigt sur le véritable enjeu dans cette histoire: la peur ou la foi : « N’ayez pas peur ! Pensez au Seigneur qui est grand et redoutable » (4.8).
Oui, construire une muraille dans un contexte d’opposition pose la question de la foi. A qui allons-nous attribuer la toute puissance ? A Sanballat et sa bande de Dalton, ou au Dieu grand et redoutable qui « combattra pour nous » (v.14) ?
Dans tous les combats où la pression du liquide se fait sentir sur nos petits corps immergés, c’est la foi qui compte. Nous sommes d’ailleurs prévenus : « En fait tous ceux qui font des rêves pour Dieu seront mis sous pression » (2Tm 3.2 traduction (très) libre).
Eric van der Does
pasteur
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