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Accueil Etudes Néhémie II : un homme de prière

Pas de doute possible, Néhémie, goûteur de vin à la cour du roi Artaxerxès, n’était pas seulement un rêveur doublé d’un formidable leader, mais il était aussi (et peut-être surtout) un homme de prière. Tout comme son voisin de rouleau Esdras, Néhémie prie, aime prier et nous livre quelques-unes de ses prières.

Une prière magistrale
La première que Néhémie prononce arrive dès le premier chapitre (1.4-11). Il s’agit d’une belle et longue prière qui lance tout le récit de la reconstruction. Elle ressemble à celle de Daniel 9 qui commence pratiquement par les mêmes mots « Je priai le Dieu des cieux et lui fis cette confession. S’il te plaît Seigneur… ». On y retrouve les mêmes composants : confession des fautes / humilité /confiance/ rappel de la Loi et des promesses de Dieu /supplication/intercession. Il y a tout dans ces prières de l’après exil !
On y remarque surtout la solidarité de Néhémie avec le peuple. Le « nous » de « nous avons péché » (v7) ressort magnifiquement, alors que Néhémie a très peu à se reprocher dans l’histoire. Mais il est avec son peuple, dans la confession comme dans le rêve de reconstruction. Et puis dans cette longue prière, Néhémie exprime surtout la confiance qu’il place en son Seigneur, le Dieu grand et redoutable (v4). Son grand projet s’ancre dans cette assurance que l’Eternel veut agir en faveur de son peuple. C’est dans cette prière de confiance qu’il puise certainement toute l’énergie nécessaire pour se mettre à l’œuvre. On peut même se demander si ce n’est pas dans ce temps de prière que le rêve de reconstruction se concrétise, que le rêve devient réalité. A la fin, Néhémie reprend la narration et annonce « Or j’étais échanson à la cour » comme si un plan se mettait en place…
Une prière fusée
Et puis il y a devant l’empereur cette prière-éclair en 2.4 « Je priai le Dieu du ciel et je répondis au roi » Alors que les genoux de l’échanson s’entrechoquent devant l’empereur qui lui demande la raison de sa triste mine, il se met à prier, rapidement, très rapidement. Une prière-éclair ou une prière-fusée, une fusée de détresse que l’on envoie dans le ciel quand la tempête se lève. On ne sait pas ce que Néhémie dit au Dieu du ciel, peut-être juste : « Au secours ! » Et puis il doit directement faire face à l’empereur, pas le temps de s’étendre…
D’autres prières éclairs parsèment le récit de la reconstruction. En 6.9, Néhémie s’écrie « Et maintenant (ô mon Dieu) fortifie moi pour ma tâche ». Là aussi une phrase courte provenant d’un homme résolument tourné vers l’action. Mais ces prières dites à la va-vite signalent bien toute la place que Néhémie, malgré son sens indéniable de l’organisation et de la gestion des ressources humaines, veut laisser à la prière. Prière et action, action et prière, prière dans l’action. A ce titre, la phrase de 4.3 est typique « Nous avons prié le Dieu des cieux et nous avons posté des gardes ».
Et d’autres encore…
Il y a d’autres prières dans le livre de Néhémie, des prières d’imprécation (ou de défoulement) devant les opposants au projet (3.36) avec un retentissant « Ne leur pardonne pas ! ». Aussi des prières de rappel au bon souvenir de Dieu « Souviens-toi favorablement de moi, mon Dieu » (5.19 et 13.14,22,29). Toutes des prières qui font de Néhémie un homme accompli dans l’art du dialogue de tous les instants avec le Dieu des cieux.
Et si c’était cela « prier sans cesse » ?
Eric van der Does