Petits prophètes : Aggée
Aggée (hébreu Haggaï, né un jour de fête) transmet un message de fête ! A la différence d’autres “petits” prophètes, son horizon s’ouvre sur les bénédictions divines. Ses oracles sont datés très précisément et s’adressent à des auditeurs très localisés (1.1 ; 2.1,2 ; 2.10,11,21) : à la fin de l’an 520 av. J.C., à Zorobabel gouverneur de Juda et à Josué, grand prêtre, et aux quelques 50.000 exilés rentrés au pays de Juda suite à l’édit de Cyrus, roi de Perse, en 538. (Lire le livre d’Esdras en parallèle à celui d’Aggée). Mais combien son message peut être adapté aux chrétiens d’aujourd’hui !
Cherchez d’abord… (1. 1 à 12)
Les reproches du prophète ont de quoi surprendre. Ces Juifs pieux ont probablement quitté une situation confortable en Babylonie pour rentrer dans leur pays dévasté, portant encore les traces des atrocités subies. Ils doivent se battre pour survivre. Pleins de courage, ils avaient commencé à rebâtir le Temple à leur arrivée mais ont dû interrompre les travaux sous de graves menaces (Esd. 4). Alors n’est-il pas juste qu’ils se préoccupent de leurs propres demeures et affaires ?... Pourtant, le Seigneur les invite à une salutaire réflexion :
“Vous vous préoccupez de bâtir pour vous de belles résidences et ma Maison est toujours en ruines. Réfléchissez ! Revoyez vos valeurs et vos priorités et demandez-vous si vous êtes gagnants à agir ainsi. Vous vous démenez et peinez dans l’espoir d’être bien pourvus matériellement, et vous êtes toujours dans le besoin et insatisfaits. Pourquoi cela ? Parce que, pris par vos intérêts égoïstes, vous ne vous souciez plus de ma Maison. Réfléchissez ! Si vous décidez de restaurer mon sanctuaire, votre geste m’honorera et me glorifiera.”
La réaction des chefs et du peuple est magnifique : ces paroles trouvent écho dans leur cœur (cf. Jn. 8.47). Ont-ils compris qu’ils ne montraient pas jusque là les mêmes bonnes dispositions que David, leur glorieuse référence ? (2 S. 7. 1-3 ; Ps. 132). Quand nous décidons de plaire avant tout au Seigneur, sommes-nous perdants ? (Ps. 37. 4 ; Matt. 6.33).
Je suis avec vous… (1.13 à 2. 9)
Dieu aime tellement ce genre de réaction (cf. Dt. 5.29) qu’il déverse aussitôt ses bénédictions. Il promet : Je suis avec vous (cf. 2 S. 7. 3 ; Matt. 28. 20). Conséquences ? L’Esprit de Dieu anime l’esprit des chefs comme du peuple pour les rendre capables de restaurer le Temple (cf. Ex. 31.1-11 ; Eph. 4.11, 12) malgré la décourageante réalité présente. Alors ils comprennent que le Dieu qui est avec eux est le même que Celui descendu sur le Sinaï, et Celui qui va secouer l’univers et les nations pour que leurs richesses remplissent ce nouveau Temple (Cf. Joël 4.16-21 ; Héb. 12-27).
Bénédictions insoupçonnées (2. 10 à 23)
Le prophète invite encore à la réflexion. “Selon la Loi, un objet consacré ne sanctifie pas pour autant tout ce qu’il touche de près ou de loin. Par contre, le moindre contact avec un objet impur contamine tout… principe qui a prévalu jusque là pour l’Israël rebelle : le mal non extirpé a entraîné votre nation dans la malédiction, et vous-mêmes avez expérimenté qu’un comportement égoïste et impur éloigne de vous la prospérité. Mais maintenant je vais répandre mes bénédictions. Parce que vous avez pris à cœur mes paroles, votre bonne attitude devient source de bénédictions nouvelles pour tous…”
Et Zorobabel, humble gouverneur d’un petit peuple d’exilés rentrés au pays et encore assu-jettis aux puissances dominantes, et descendant de David, devient un type du Messie, dont le règne sera universel et éternel. Voir Matt. 1. 12 ; Luc 3. 27 – “Zorobabel, un maillon stratégique dans la lignée qui relie David au fils de David (Brian Tidiman).
Maurice Hadjadj