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Accueil Etudes Petits prophètes : Nahum

Nahum, consolé : malgré les apparences, cette prophétie console l’auteur et ceux qui se confient en l’Eternel. Le prophète vit au temps de Manassé roi de Juda et d’Assurbanipal roi d’Assyrie. Son oracle se situe entre la chute de Thèbes en Haute Egypte, prise par les Assyriens en 663, et la chute de Ninive en 612 devant une coalition de Mèdes et de Babyloniens. Il est loin (150 ans environ) le temps de la repentance de Ninive à la prédication de Jonas (Jon. 3).

Traçons un schémasimple le sort de Ninive et de sonempire : 250 ans de montée en puissance jusqu’à la suprématie internationale(de 880 à 630 av. J.C.) et 25 ans de déclin jusqu’à la disparition totale. En606 il ne restait plus rien de l’Empire assyrien au point que l’existence deNinive a longtemps été contestée, jusqu’à la découverte de ses ruines en 1845près de Mossoul.

Malgré plusieurs difficultésde traduction, on admire le style de Nahum qui joue beaucoup sur la phonétique hébraïque. “La langue en est forte et brillante,le rythme martèle et roule, bondit et étincelle comme les chariots et lescavaliers qu’il décrit.” (Smith).

Les 3 chapitres du livredécrivent les 3 grandes causes de la chute de Ninive.

Cause divine : Ninive a attisé lacolère du Tout Puissant (ch. 1)

Lelivre s’ouvre par une sorte de psaume acrostiche : les versets 2 à 9commencent chacun par une lettre dans l’ordre de l’alphabet hébraïque. Quelscontrastes ! L’Eternel est un Dieu jaloux et vengeur et cependant lent àla colère (litt. long denarines, ilpeut en contenir la fumée !). Sa grandeur et sa force sont telles que lesnuées sont la poussière de ses pieds, qu’il peut dessécher la mer et lesfleuves, changer les verts Basan et Carmel endéserts, faire trembler les montagnes, et même secouer la terre avec tous seshabitants ! Terrible est sa colère, comme un feu qui brise les rochers.Cependant, l’Eternel est bon : il est un sûr abri pour tous ceux qui seconfient en lui.

Leschefs de Juda doivent se confier en l’Eternel et non dans le roi deNinive : cet oppresseur sera brisé, et dans la tombe iront avec lui lesouvenir de son nom et des représentations de son dieu.

Cause humaine : le retour duboomerang (ch. 2)

Unebonne nouvelle : Juda opprimé (cf. 2 Chr. 32 et 33) apprend la fin dudestructeur ; il peut reprendre courage. Le prophète voit les chars et leslances déferler dans les rues de Ninive, ses défenseurs et ses fuyards tomberau milieu des gémissements, la ville se vider de ses habitants et de sesrichesses. Le lion assyrien qui dévorait tout sans pitié – les Assyriensaimaient bien, entre autres, laisser derrière eux des corps empalés et despyramides de têtes humaines – sera à son tour dévoré.

Cause morale : les crimes de laville (ch. 3)

Lemalheur qui va fondre sur Ninive est en proportion de ses crimes. Dans les ruesde cette ville sanguinaire, poursuivis par les chars et les cavaliers, lesmorts et les blessés trébuchent les uns sur les autres. De cette villeséduisante par ses temples dédiés à la déesse Ischtar,par ses pratiques magiques, par son commerce luxueux, l’Eternel découvre lahonte de son immoralité.

Ironiemordante du prophète qui invite Ninive à se demander si son sort est meilleurque celui de Thèbes, saccagée par les Assyriens 50 ans auparavant, ou celui deses anciens alliés que ces mêmes Assyriens ont massacrés. Non (que les chefs deJuda le comprennent !) ses forteresses, ses commerçants, ses guerriers,n’empêcheront pas la fin lamentable de la grande cité.

Maurice Hadjadj