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La Bible est-elle soluble dans l’Internet ?

Au 16e siècle, la découverte de l’imprimerie va rendre possible la diffusion à grande échelle de la traduction de la Bible. Sans cette invention, la Réforme aurait-elle connu l’ampleur que l’on sait ? Si, aujourd’hui, la « Parole » est avant tout pour nous la parole écrite, en sera-t-il de même dans quelques années ?
Le nouveau support qu’est Internet nous offre la Parole, en effet, dans de multiples versions. Nous pouvons peut-être craindre cette évolution, mais nous avons choisi de nous interroger sur ce qu’Internet peut apporter aujourd’hui à la diffusion du message biblique.
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Tous les savoirs du monde


La facilité d’accès à tant de savoirs risque parfois de créer l’illusion. Attention : démystification de l’outil Internet !

« La table de travail ne serait plus chargée d’aucun livre. À leur place se dresse un écran et à portée un téléphone. Là-bas au loin, dans un édifice immense, sont tous les livres et tous les renseignements… De là, on fait apparaître sur l’écran la page à lire pour connaître la réponse aux questions posées par téléphone, avec ou sans fil. Un écran serait double, quadruple ou décuple s’il s’agissait de multiplier les textes et les documents à confronter simultanément ; il y aurait un haut-parleur si la vue devait être aidée par une donnée ouïe, si la vision devait être complétée par une audition. Utopie aujourd’hui, parce qu’elle n’existe encore nulle part, mais elle pourrait bien devenir la réalité pourvu que se perfectionnent encore nos méthodes et notre instrumentation. Et ce perfectionnement pourrait aller jusqu’à rendre automatique l’appel des documents sur l’écran, automatique aussi la projection consécutive… »

Ce texte n’est pas de Jules Verne, ni d’un auteur de science-fiction. Il est tiré du très sérieux Traité de documentation que Paul Otlet a rédigé en 1934. Si son nom, toujours associé à celui de son ami Henri Lafontaine, est inconnu du grand public, il en va tout autrement pour les bibliothécaires et les documentalistes. Paul Otlet et Henri La Fontaine étaient deux juristes belges, pacifistes, humanistes et sénateurs.
Leur projet visait à rassembler l’ensemble des connaissances du monde et à les classer selon le système de classification décimale universelle 1 qu’ils avaient mis au point. Leur rêve, ce centre de documentation à vocation universelle, une superstructure centralisée capable de conserver le savoir universel, de le traiter et de le diffuser à travers le monde, c’est celui de tous les bibliothécaires, d’Alexandrie à nos jours.
Ce rêve se serait-il enfin réalisé grâce à Internet ? Des recherches qui, il y a dix ans à peine, représentaient des jours de travail ou qui étaient tout simplement inimaginables, aboutissent aujourd’hui en quelques secondes.

Le revers de la médaille
Mais, en même temps, il est extrêmement aisé d’avoir accès à tout et n’importe quoi sur Internet ! Le meilleur côtoie le pire sans aucune hiérarchie connue, ni garantie de qualité.
Tout système de classification, aussi perfectionné soit-il, a des contraintes et des limites induites par le fait que « l’étiquette est plus petite que l’objet » 2, c’est-à-dire que la description de celui-ci implique des choix et ne nous donne accès qu’à une parcelle de son contenu, celle que le catalogueur a jugé la plus intéressante ou pertinente. À l’opposé, dans l’univers numérique, l’étiquette tend à se confondre avec l’objet lui-même quand elle n’est pas encore plus grande que lui !
Elle est agrémentée de descriptions données par les uns et les autres et de liens qui pointent vers cet objet depuis une multitude de sites différents.
Quand nous cherchons des informations sur le Web, notre réflexe est de taper les premiers mots qui nous passent par la tête dans un moteur de recherche (le même pour 90 % d’entre nous, d’ailleurs). En suivant une logique qui lui est propre et dont nous ignorons tout, celui-ci va nous renvoyer une masse de réponses.
L’ordre dans lequel ces résultats nous sont renvoyés ne garantit aucune qualité ni pertinence : il obéit surtout tout au critère de la popularité. Plus un site a de liens qui pointent vers lui, ou plus souvent il est consulté, plus il a de chances d’apparaître en haut de la page. Mais ce n’est pas le seul critère pris en compte.
A celui-ci s’ajoutent non seulement la langue dans laquelle vous avez posé votre question, mais celle dans laquelle est configuré l’ordinateur depuis lequel vous la posez, ainsi que la langue de la page d’accueil de Google (pour ne pas le nommer). Selon que cette page d’accueil est en français, en anglais, ou dans une autre langue, les résultats affichés ne seront pas les mêmes ! 3
Bien plus grave : si vous travaillez toujours depuis le même ordinateur, Google va peu à peu filtrer ses réponses en fonction de vos centres d’intérêt, qu’il aura identifiés grâce à l’analyse des questions que vous posez régulièrement…

Un discernement nécessaire
Si je me suis permis cette longue digression technique, c’est que je suis convaincue qu’il est important de comprendre ces concepts pour pouvoir les appliquer à deux tâches essentielles pour nous : la diffusion la plus large possible de la Parole de Dieu et notre étude personnelle de celle-ci de manière riche et approfondie. Internet met à notre portée des quantités d’informations de grande valeur et nous offre des possibilités d’accès à des ressources extrêmement riches, sans notion de distance géographique. Mais le temps que nous passions avant à les chercher, nous devons le passer maintenant à les évaluer. Il nous appartient d’apprendre à ne pas nous contenter de ce que le Web nous offre spontanément, mais d’utiliser nos connaissances pour rechercher les informations de qualité là où elles se trouvent.
Le fait qu’une ressource n’apparaisse pas dans les premières pages de résultats, voire n’apparaisse pas du tout, n’a aucun rapport avec sa qualité, ni surtout avec son existence ! Bon nombre d’entre elles échappent pour des raisons techniques ou de choix stratégiques au référencement. À nous limiter au « monde selon Google », nous pouvons en arriver à une situation où tout ce qui est invisible pour les moteurs de recherche finirait ainsi par ne plus avoir d’existence reconnue. À nous, donc, de ne pas nous en tenir aux premiers résultats trouvés en réalisant une recherche sur Internet mais de nous forcer à aller plus loin, à nous servir de notre discernement et de nos connaissances pour évaluer ce qui nous est proposé et pour chercher là où des informations de qualité nous sont proposées.
L’utopie de Paul Otlet est devenue réalité, mais celui « qui voulait classer le monde » 4 n’avait jamais imaginé que nous pouvions en perdre le contrôle. Le but de ce dossier est de vous guider dans une démarche de prise en main : celle qui consiste à « examiner toute chose et retenir ce qui vous semble bon ».
Quels que soient votre âge, votre niveau d’études ou vos connaissances linguistiques, vous pouvez trouver sur Internet de quoi étancher sainement votre soif de connaissances bibliques. Alors, pourquoi bouder cet outil ou, au contraire, vous gaver d’informations inutiles ?
Par Asunción Calvo,
membre de l’EEL de Paris-Alésia,
ancienne bibliothécaire de la Faculté libre
de théologie évangélique de Vaux-sur-Seine (Yvelines)

1 La CDU est un système dont le principe directeur est la hiérarchie : l’ensemble
des connaissances est subdivisé en dix classes, numérotées de 0 à 9, chacune susceptible à son tour d’être subdivisée.
Elle est utilisée encore aujourd’hui dans
de très nombreuses bibliothèques.
2 Théorie développée par David Weinberger dans Everything
is Miscellaneous: The Power
of the New Digital Disorder. New York : Times Books, 2007.
3 J’ai choisi de configurer la mienne
en latin pour me garantir une certaine neutralité !
4 F. Levie. L’homme qui voulait classer le monde. Paul Otlet et le Mundaneum. Bruxelles : Impressions nouvelles, 2006.



Cyber-infos pour les nuls



Cyber-infos Plus, à l’usage des débutants (ou Cyber-infos pour les nuls)
Pour ceux qui veulent risquer leurs premiers pas dans cet univers inconnu, voici quelques jalons proposés par l’auteur de notre rubrique habituelle.


Pour commencer sur Internet et comprendre l’utilité du Web comme outil de lecture et de découverte de la Bible, je vous propose une petite sélection de sites grand public.

Commencez par le site de l’Alliance biblique : www.la-bible.net. Vous y trouverez notamment quelques pages pédagogiques sur la traduction et l’histoire de la Bible. Vous aurez aussi la possibilité de lire le texte biblique dans les cinq versions de l’Alliance biblique : Parole de Vie, Français courant, Colombe, NBS, Tob (accès direct par http://lire.la-bible.net).
Si vous voulez consulter d’autres versions de la Bible, dans de nombreuses langues (y compris l’Ancien Testament hébreu et le Nouveau Testament grec), rendez-vous sur www.unboundbible.org ou www.ibsstl.org/bibles.

Mais Internet est aussi un lieu d’évangélisation où le message biblique est proclamé. Le meilleur exemple en français est sans doute www.connaitredieu.com. Sobre et clair dans son contenu, très agréable dans son interface, le site existe aujourd’hui en 13 langues !
Pour aller un peu plus loin, je vous recommande le site www.interbible.org. C’est un site catholique de culture biblique très bien conçu et riche en ressources.
Sur le mode de l’encyclopédie en ligne, lancée par Wikipedia (la célèbre encyclopédie libre et coopérative), vous trouverez aussi les sites http://wiki-protestants.org et, plutôt pour les jeunes, www.zebible.com.
Vous pouvez aussi vous lancer seul à la découverte d’autres sites, à l’aide de moteurs de recherches classiques. Mais vous pouvez aussi utiliser un moteur de recherche de sites chrétiens comme www.christiango.com, développé par le très actif Topchretien et utilisant la technologie Google.
Et puis parce qu’Internet ne remplace pas un bon bouquin et qu’on a toujours besoin de livres imprimés, vous trouverez aussi des librairies chrétiennes sur Internet. Le site portail www.librairie-protestante.com donne accès à trois librairies chrétiennes : Excelsis (www.xl6.com), 7ici (www.librairie-7ici.com), Arrêt Aux Pages (www.arretauxpages.com).
Enfin, petite page de publicité, n’oubliez pas le site de l’Union (www.ueel.org) ! Depuis qu’il a fait peau neuve il est encore plus attractif… et vous y trouverez de nombreuses ressources régulièrement mises à jour.

Par Vincent Miéville,
pasteur de l’EEL d’Avignon



Les études bibliques à la maison


Si tu ne vas pas à l’étude biblique, l’étude biblique viendra à toi !


J’ai toujours cherché à rejoindre les gens… Capter l’attention, si possible la captiver (la capturer, jamais !), voilà à quoi j’emploie le plus clair de mon temps. Mais quel enseignant de la Bible peut se vanter aujourd’hui de remplir les salles, de programmer des séances supplémentaires pour apaiser la soif de ceux que l’on n’a pas pu faire asseoir ? La réalité dans nos Églises libres est certainement moins flamboyante. On dirait certains soirs d’hiver que tout s’est ligué contre l’étude biblique. On nous bredouille le dimanche suivant de petits messages explicatifs : Au moment de partir, j’ai reçu un coup de fil important ; La journée de travail a été épuisante, je n’ai pas trouvé la force de repartir; J’ai complètement zappé, etc.
J’entends bien ceux qui affirment avec nostalgie (et régularité), qu’avant c’était mieux, (les études, les réunions de prière, les cultes et le pasteur !), mais ils ne parviennent pas à me convaincre. D’une part le monde qu’ils décrivent est irrémédiablement perdu, et d’autre part à en interroger d’autres de la même génération, avant n’était pas mieux pour tous (pas plus que les pasteurs) !
Entre subir passivement la désaffection actuelle ou cultiver la mémoire d’un passé « glorieux » et révolu, je préfère explorer d’autres voies. Le dilemme est simple : qu’est-il préférable, laisser l’étude de la Bible se vivre et finalement mourir dans le cercle de plus en plus restreint de ceux qui ne les manquent jamais (véritables héros de la résistance à l’esprit du temps), ou rejoindre par d’autres moyens ?
Mon choix est fait sans la moindre hésitation. Puisque les membres des Églises se déplacent de moins en moins le soir (vieillissement de l’ancienne génération-du-devoir, épuisement ou manque de motivation pour la lecture de la Bible de la nouvelle génération-du-désir), puisque l’on ne va pas plus à l’étude biblique, eh bien, par la foi et le numérique, l’étude biblique ira débusquer ses lecteurs là où ils se cachent : chez eux, derrière un écran (TV, ordinateur, mobile, chacun le sien !)
C’est ainsi que les Études bibliques à la maison (EBM) ont vu le jour. Depuis novembre dernier, une série d’études préparatoires au synode a été lancée sur Internet. A ce jour, 250 personnes, membres de nos Églises, la reçoivent dans leur boîte de réception électronique avec la possibilité d’y répondre sur le forum virtuel. Les 20 minutes passées, Bible ouverte, à réfléchir aux perspectives offertes par le passage proposé, en compagnie de l’auteur, puis d’autres internautes, me semble autant de gagné sur le temps de télé (3 h 24 par jour et par personne en 2008) ou de communication sur MSN.
Ne me dites pas que rien ne remplacera jamais l’étude biblique autour de la table où l’on prend le temps de lire ensemble, d’écouter, de contester ou de se laisser convaincre : vous prêchez à un converti ! Mais consentez tout de même à reconnaître qu’entre deux maux…
Que faudra-t-il inventer demain ? L’étude biblique sérénade déclamée sous les balcons ? L’étude biblique en pilule ? L’étude biblique en jeu vidéo(imaginez Samson en Tomb Raider de Philistins vous expliquer le livre des Juges !) ? Pourvu que cette parole, la Parole, puisse encore rejoindre et toucher le plus grand nombre.
Par Pierre Lacoste,
pasteur de l’EEL de Cannes
et président de la commission synodale


Internet et la LLB


Présente dans l’édition sur papier, la LLB « élargit l’espace de sa tente ».

A la Ligue, nous considérons Internet non seulement comme un média, mais comme un champ missionnaire où l’annonce de la Bonne Nouvelle doit être publiée.
Œuvrer sur Internet, c’est pouvoir toucher plus de monde, c’est répondre à l’appel de la Ligue à une plus grande échelle, c’est rejoindre les personnes sur un support où elles passent de plus en plus de temps. Ce média permet de combiner l’écrit, l’audio et la vidéo. Plus que tout autre, il permet une plus grande interactivité. Internet met en relation facilement des gens aux quatre coins du monde. Ceux-ci peuvent échanger idées, réactions et opinions diverses. De plus en plus, ce média les invite à contribuer et à enrichir les sites. Par ailleurs, les coûts de diffusion sont faibles, contrairement au support papier auquel il faut ajouter impression et routage. Même si toutes les possibilités ne sont pas toujours ou pas encore utilisées pleinement, Internet offre de belles perspectives en tant qu’outil. Pour toutes ces raisons, nous avons développé plusieurs sites qui encouragent d’une manière ou d’une autre à lire la Bible. Nos projets en la matière sont nombreux. Faute de temps, tous ne peuvent être réalisés. Mais voici déjà une brochette de sites à découvrir :

www.animationbiblique.org
Lire, écouter, découvrir ensemble. Consacré à l’animation biblique, ce site propose des outils de travail et une pédagogie pour bâtir ses propres animations de groupes. Il est le fruit d’un travail conjoint avec la Fédération protestante de France.

www.bible1an.com
Bible1an.com est un outil conçu comme une aide pour lire toute la Bible en une année. Chaque jour, un extrait de l’Ancien Testament, un Psaume, une citation du livre des Proverbes et un passage du Nouveau Testament sont proposés. Une version papier est également disponible.

www.epienligne.com
Commentaire quotidien pour la méditation et l’action tiré du guide Epi avec le texte biblique du jour.

www.journeedelabible.ch
Prendre le temps de méditer, découvrir ou redécouvrir ce qu’est la Bible. Se rappeler pourquoi elle a une importance vitale pour la vie d’un chrétien. Ce site est une invitation à vivre cela au sein de votre communauté, lors de la journée de la Bible.

www.pdjenligne.com
Commentaire quotidien pour la méditation et l’action avec de nombreux auteurs africains. Les notes sont tirées du Pain du Jour.

www.rdvenligne.com
Site jeunesse interactif de la Ligue. Pour les 14-20 ans, un site pour joindre Dieu et d’autres chrétiens et partager ses expériences, poser des questions, recevoir des réponses, envoyer une prière, découvrir des artistes… Vivre sa foi sur le Net, 24h/24, en toute simplicité.

www.tournesol.ch
Site officiel de la BD Tournesol, ce site propose des BD bonus, des histoires complètes ainsi que tous les dessins des lecteurs ; de quoi alimenter la foi des jeunes et moins jeunes à partir de 7 ans. A découvrir et faire découvrir !
Par Jean-Claude Hirschy,
chargé de communication de la LLB


Une Bible pour les jeunes



L’Alliance biblique française prépare l’édition d’une Bible pour les jeunes, en lien avec le site Web ZeBible.com, déjà en ligne.


Encore une tentative pour que les jeunes s’intéressent à ces écrits, jugés bien souvent trop éloignés du monde d’aujourd’hui ? Oui et non… Cette Bible des jeunes ne lavera pas plus blanc que blanc : il s’agit tout simplement d’un projet différent, voire innovant.
Selon la légende, ils étaient déjà 72 sages à plancher sur une traduction grecque de la Bible juive, quelques siècles avant Jésus-Christ... En ce début de 3e millénaire, c’est plus de 80 personnes issues de différentes confessions du christianisme et représentant plusieurs voix de la francophonie que l’Alliance biblique a réunies, non pas sur un projet de traduction, mais d’édition d’une Bible pour les jeunes. En effet, ces 80 sages de notre temps ont travaillé sur la création de notices offrant des éclairages spécifiques au contexte des jeunes. Ainsi, au fil des pages, le jeune lecteur (la tranche d’âge ciblée est 15-20 ans, mais on sait déjà que cette édition aura un impact au-delà de ce créneau !) pourra trouver des éléments de réflexion, apports, questionnements, mises en perspective qui nourriront l’appropriation du texte.
Au sein du comité de pilotage de ce projet, quelques originaux qui n’auraient jamais pensé travailler ensemble (tous un peu idéologues de la Toile et issus de mouvements de jeunesse chrétiens) se sont retrouvés à inventer un site Internet, www.ZeBible.com : un site pour les jeunes où on peut découvrir la Bible dans le sens qu’on veut, en parler avec d’autres sur des forums, organiser et mémoriser dans un compte personnel les passages déjà lus, trouver des dossiers thématiques, des parcours de lecture… C’est la première fois qu’un site Web permet une ouverture aussi importante sur la Bible, en y associant des jeunes de tous horizons. Compagnon idéal du projet d’édition de l’Alliance biblique dans sa version « papier », ce site a pour principal objectif de créer une communauté de jeunes lecteurs et interprétateurs de la Bible, en étant bien sûr au service d’une lecture accessible, ludique et intelligente des textes.
La possibilité de proposer des contenus actuels et proches des préoccupations des jeunes représente sans conteste un avantage considérable de l’édition électronique. Mais, surtout, les fonctionnalités d’Internet liées à la création et à l’animation de réseaux sociaux trouvent dans ce projet un champ d’application idéal et pertinent ; chaque jeune est ainsi invité à produire du sens à partir de sa lecture en discutant avec d’autres sur un forum, en commentant tel dossier thématique, en collectionnant et en annotant ses passages favoris, en réagissant aux avis des autres, etc.
L’échange, le partage des idées, la possibilité de dire ses convictions ou de témoigner de ses doutes au sein d’un groupe qui se constitue autour des mêmes centres d’intérêt (découvrir la Bible, comprendre ce qu’elle peut me dire aujourd’hui, quel sens l’Évangile prend dans ma vie), tels sont les enjeux que ce site entend proposer dans le paysage Internet contemporain !
Par Geoffroy Perrin-Willm,
chargé de mission jeunesse Eglise réformée de France,
membre de l’équipe du projet ZeBible.com


Comment ils faisaient avant ?



Dans l’univers Internet, la « planète jeune » s’est bien mise sur orbite…

Les astérisques renvoient au lexique.

Les jeunes baignent aujourd’hui dans un univers numérique dont Internet est le centre : source principale d’information, de consommation, de socialisation des nouvelles générations.
Selon une étude Ipsos, en 2004, le taux de pénétration d’Internet chez les jeunes âgés de 15 à 25 ans atteignait 78 %… taux augmentant de manière significative depuis cette époque, maintenant que le Web est partout avec nos téléphones, que les réseaux wifi se développent et que l’Éducation nationale offre un ordinateur portable « connecté » à nos collégiens.
La place d’Internet par rapport aux autres médias au sein des jeunes générations est prédominante : le site de vidéos YouTube* a remplacé le journal de 20 heures ; blogs*, bulletins MySpace (site communautaire axé musique), sites d’info online alimentés par les particuliers ont court-circuité les journaux papier ; Facebook* est devenu la meilleure façon de se tenir au courant de ce qui se passe dans la vie de nos connaissances ; iTunes, eMule ont remplacés nos vidéos-club et nos magasins de disques ; et avouez que Wikipedia est bien plus pratique que notre Encyclopædia Universalis en 30 volumes !
La Toile représente, selon Ipsos, le premier média utilisé par les 15-25 ans pour s’informer ou approfondir leurs centres d’intérêts.
L’attrait principal d’Internet, c’est ce partage communautaire, cette communication en temps réel.
Je ne peux m’empêcher de reprendre l’interrogation de Margot, une jeune fille de 12 ans « tchatant » sur MSN, entendue dans le reportage « 10 ans, le monde et nous » diffusé par Canal+ : « Comment ils faisaient avant ?! »
C’est vrai, comment faisions-nous avant pour garder contact avec nos amis entre deux camps, deux rencontres jeunes ? Peut-être une lettre et puis… Un coup de téléphone et après…
Il est important pour les Églises de ne pas sous-estimer le rôle social du Net. Quand on entend si souvent des remarques sur la difficulté de « vivre » vraiment et de manière pratique l’Union, je crois que le Net se place là comme un outil à exploiter. Celui-ci joue aujourd’hui un rôle majeur dans la socialisation physique des êtres humains. Bien souvent, les membres d’un même forum, proches géographiquement, se fixent des rendez-vous, se retrouvent à des concerts… ou à un rassemblement jeunesse!
Internet permet à nos jeunes Toulousains de suivre ce qui se vit à Bouffémont dans le Val-d’Oise ; il permet aux Valentinois de discuter et ainsi de connaître de manière bien plus profonde la réalité de la vie des jeunes libristes marseillais, il permet à des jeunes drouais et orléanais de poursuivre leurs échanges et d’organiser un week-end en commun !
Il est facile d’avoir une vision manichéenne d’Internet. Mais on ne peut nier que le réseau favorise ces relations interpersonnelles. Même si on est réfractaire au langage « kikoo, lol, mdr, ;-) » ; les blogs, MSN, Facebook, ueel.org, etc. permettent à nos jeunes (et moins jeunes !) de rester en contact de manière quotidienne, de se connaître, de s’entraider, de se réjouir, de prier, d’étudier ensemble ; bref, de vivre l’Union quotidiennement et de promouvoir ainsi une communion fraternelle plus profonde (et plus rapide !) lors de nos divers rassemblements : synode, rassemblement jeunesse, conférences de groupe…

Par Jérémie Chamard,
pasteur de l’EEL de Dreux (Eure-et-Loir)


La vraie question



Pour Daniel Bourguet, la prière est le préalable à toute communication humaine.
Mon intention n’est pas ici de me prononcer pour ou contre les moyens de communication humaine, mais de poser tout simplement une question préalable à tous les moyens de communication, quels qu’ils soient, modernes ou pas, et de voir à partir de cette question préalable ce qu’il en est des moyens modernes.

Dans la Bible
« Je me souviens continuellement de toi dans mes prières », écrit Paul à l’un de ses correspondants, ce qu’il écrivait aussi à tous les autres, comme on peut le découvrir dans ses épîtres – à Timothée (2 Ti 1:3), aux Thessaloniciens (2 Th 1:11), aux Colossiens (1:3,9) ou à d’autres. Avant toute chose, avant de prendre sa plume, avant de prendre contact avec ses correspondants pour entrer en communication avec eux, l’apôtre commençait par prier. Nous voyons même que sa prière, étant « continuelle », devait aussi se poursuivre après la rédaction de ses lettres et même pendant, pour demander à Dieu de lui donner les mots les plus justes pour être entendu et de préparer le cœur des destinataires pour que le message soit accueilli, compris, vécu…
La prière, voilà le préalable à toute communication humaine, ce qui permet que toute communication humaine soit vécue avec Dieu. Éclairée par Dieu, inspirée par lui, conduite par lui. Ce que dit Paul me paraît émaner de toute la Bible, qui de multiples manières dit la même chose. Jésus, bien sûr, invite aussi à cette prière incessante (Lc 18:1), et donc à cette prière qui précède, accompagne et doit encore prolonger tout ce qui est de l’ordre des communications humaines, sans quoi ces communications sont vaines, stériles.

Dans la vie
Pour nous chrétiens, je crois qu’il n’y a pas de vraie communication humaine, profonde et constructive, sans la prière qui la précède, l’accompagne et la prolonge. Qu’en est-il alors des différents moyens de communication ? Favorisent-ils la prière ou bien lui font-ils obstacle ? Je crois que la place de la prière ne tient pas aux moyens de communication, mais à nous, comme cela a d’ailleurs toujours été.
Déjà du temps de Paul on pouvait accorder à la prière la place que lui accordait l’apôtre lors de la rédaction de ses lettres, mais on pouvait aussi écrire sans lui accorder la moindre attention. La lettre elle-même n’est ni favorable, ni défavorable à la prière : tout dépend de celui qui écrit !
Il en est toujours de même aujourd’hui avec les moyens modernes. Internet n’est ni pour ni contre la prière… Tout dépend de nous, de la place que nous accordons à la prière, de l’effort que nous faisons ou pas pour en maintenir et préserver le temps, car cela demande véritablement un effort, tout comme du temps de Paul ! Que vivons-nous donc au niveau de la prière en ce qui concerne nos relations avec les autres, qu’elles soient téléphonées, écrites ou tapées sur ordinateur ?
Ce qui est sans cesse souligné aujour¬d’hui, c’est la question du temps, peut-être plus qu’avant. La grande prétention des moyens modernes est d’aller plus vite et de nous faire ainsi gagner du temps. Soit ! Mais que faisons-nous de ce temps gagné ? Rendons-nous grâce à Dieu d’avoir ainsi plus de temps à consacrer à la prière ? Ou bien profitons-nous de ce temps pour faire mille choses de plus, dans un activisme débordant où nous pousse notre boulimie d’activités ? À nous, non pas d’examiner les moyens modernes, mais de nous examiner nous-mêmes.
Heureux qui prend soin de prier pour toutes ses relations humaines en les plaçant dans la lumière de Dieu, car Dieu n’est pas avare de la lumière de sa grâce !
Par Daniel Bourguet,
ancien pasteur de l’ERF,
moine et prieur de la fraternité des Veilleurs


Sitographie



Vous avez toujours souhaité vous familiariser avec le grec et l’hébreu ? Vous les avez étudiés, mais vos connaissances se sont rouillées ? Vous avez besoin d’aide pour préparer une étude biblique ou une prédication ou, tout simplement, pour votre étude personnelle de la Bible ? Vous cherchez des cartes pour illustrer votre leçon d’école du dimanche ?
Voici pour vous des sites sélectionnés par Martine Steward, conservateur de la bibliothèque Jean-de-Vernon, bibliothèque œcuménique d’études bibliques, et par Ruth Labeth, bibliothécaire de la Faculté de théologie de Vaux-sur-Seine.
Avoir accès au texte biblique sous toutes ses formes (y compris manuscrite), aux originaux, aux différentes traductions, comparer des versions, consulter des dictionnaires est une des principales possibilités offertes par Internet à ceux qui s’intéressent à l’étude de la Bible.


• Bibles en hébreu, grec et latin

– L’Église protestante évangélique de Lorient complète peu à peu une présentation annotée de l’Ancien Testament, mais offre surtout une version grec (¬Nestlé-Aland) – français (Segond) du Nouveau Testament, ainsi que la Septante de Rahlfs avec traduction française ou anglaise. La présentation est remarquable. http://epelorient.free.fr/ba_page.html

– Liens vers différentes versions en hébreu, grec et latin :
www.lexilogos.com/bible_hebreu_grec.htm

– Septante : http://ba.21.free.fr/septuaginta/cover.html

– Pour écrire en caractères non latins : claviers multilingues sur www.lexilogos.com/clavier/multilingue.htm

• Bibles en français

Sur le site de Lexilogos www.lexilogos.com/bible.htm, des liens vers de très nombreuses versions sont regroupés, dont celui de l’Alliance biblique qui propose sur le site http://lire.la-bible.net/index.php une recherche par référence ou par mots sur plusieurs versions (avec tableau comparatif) : Bible en français courant, Nouvelle Bible Segond (2002), la Colombe (Segond révisée 1978), Traduction œcuménique de la Bible (Tob), Parole de Vie (français simplifié).


• Manuscrits bibliques

– Biblical Manuscripts Project : http://alpha.reltech.org/BibleMSS.html

– Manuscrits de la Mer Morte : The Orion Center (Israël) http://orion.mscc.huji.ac.il ; www.abc.net.au/religion/features/scrolls/ ; www.gnosis.org/library/scroll.htm

– Sinaiticus Project : www.codexsinaiticus.org. Ce site est un des meilleurs exemples d’une réalisation rendue possible grâce à Internet. Le Codex Sinaiticus est une des deux plus anciennes copies de la Bible en grec. Il date du 4e siècle. Conservé au monastère de Sainte-¬Catherine au Sinaï, il a été dispersé entre quatre institutions aux 19e et 20e siècles. Des accords ont été signés entre celles-ci pour garantir sa conservation et sa numérisation, qui permettra une réunification virtuelle de l’ensemble des pages conservées.

– ITSEE : www.itsee.bham.ac.uk/projects.htm. L’Institute for Textual Scholarship and Electronic Editing de l’Université de Birmingham cherche à promouvoir l’édition électronique de manuscripts. Il héberge, entre autres, l’International Greek New Testament Project, qui a pour but de produire un apparat critique du Nouveau Testament grec.

– Bibliothèque copte de Nag Hammadi de l’Université de Laval : www.ftsr.ulaval.ca/bcnh.


• Vous vous intéressez aux premiers commentateurs de la Bible ?

Ce site sur la patristique a pour objectifs de mettre à la disposition du public une information de qualité sur les Pères de l’Église et de présenter des traductions en français de leurs ouvrages : www.patristique.org.


• Pour mieux connaître le monde de l’Ancien Testament

Un site de l’Université de Chicago consacré aux langues, à l’histoire et à la culture de l’Orient ancien http://asmar.uchicago.edu, et celui de l’Université d’Evansville sur le Code d’Hammourabi, Epopée de Gilgamesh et de nombreux textes anciens http://eawc.evansville.edu/nepage.htm.

• Si toutes ces lectures vous ont donné l’envie de vous former, des établissements de formation proposent un enseignement à distance :

Faculté libre de théologie évangélique de Vaux-sur-Seine.

Institut biblique de Nogent-sur-Marne.

Faculté libre de théologie réformée d’Aix-en-Provence.

– Depuis octobre 1998, la Faculté de théologie de l’Université de Genève offre la possibilité de suivre des études entièrement à distance par Internet.

Faculté adventiste de théologie de Salève.

Centre d’enseignement et de formation de théologie à distance. Site hébergé par la Conférence des évêques de France (CEF). En lien avec l’Institut catholique de Paris.


• Autres sites :

Théovie propose une formation sur les grands thèmes de l’existence à partir du message de la Bible. Accessible à tous, Théovie invite chacun(e) à une démarche d’acquisition de connaissances, de réflexion personnelle et de recherche spirituelle. Ce service de formation à distance s’inscrit dans l’ensemble des formations bibliques et théologiques proposées par l’Église réformée de France.

– Bibliques : site conçu par des chrétiens catholiques qui se veut d’esprit œcuménique et où vous trouverez une initiation au grec biblique et à l’hébreu biblique .

– Ce site de l’Église protestante d’Alsace et de Lorraine propose des aides à la prédication, organisées par versets bibliques.

– De façon plus générale, vous trouverez des informations sur des formations, des rencontres bibliques, des aides à la prédication sur le site du service biblique de la Fédération protestante de France .


• Cartes et atlas bibliques :

Cartes de la Palestine et d’Israël du National Geographic Maps

– Atlas biblique Westphal
http://456-bible.123-bible.com/westphal/5539.htm
www.gregwolf.com/maps/maps.htm

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Cette sélection de sites est loin d’être exhaustive. Si vous n’êtes pas allergique à l’anglais, vous trouverez bien d’autres ressources. Une manière de les localiser est de consulter des « répertoires » qui les recensent, comme www.bible-researcher.com/index.html qui signale des sites spécialisés en histoire du Canon, des textes et sur les différentes versions, www.otgateway.com pour des ressources sur l’Ancien Testament et www.ntgateway.com pour le Nouveau Testament.

Vous en trouverez aussi sur les sites des « Églises virtuelles » qui se multiplient (en anglais on les appelle les e-churches) : www.londoninternetchurch.com ou www.internetchristianchurch.com.

Et n’oubliez pas les sites des facultés de théologie, en particulier ceux des bibliothèques qui sont riches en informations. Le blog du bibliothécaire de la Faculté de théologie de Vaux-sur-Seine http://fltebiblio.free.fr en est un excellent exemple. N’hésitez pas à le consulter, car le meilleur moteur de recherche est un(e) ¬bibliothécaire !
Par Martine Steward,
conservateur de la bibliothèque Jean-de-Vernon
de l’Institut catholique de Paris,

et Ruth Labeth,
bibliothécaire de la Faculté
libre de théologie évangélique de Vaux-sur-Seine
(Yvelines)



Lexique



Les définitions de ce lexique sont tirées d’un glossaire beaucoup plus complet paru dans Information-Evangélisation, la revue de l’Eglise réformée de France (ERF), d’octobre 2008, ayant pour thème « Internet : une nouvelle culture au service de l’Eglise ».

Blogs
Contraction de « Web Log », il s’agit de journaux de bord (personnels ou institutionnels) d’information et de réflexion, extrêmement simples d’utilisation et d’administration, mis à jour régulièrement, permettant à tout un chacun de commenter les informations publiées.

Facebook
Site Web de réseau social destiné à rassembler des personnes proches ou inconnues. Il permet de retrouver et de créer des groupes d’amis (appelés communautés virtuelles) pour échanger des photos, bavarder ou organiser ensemble des manifestations. Le nom du site s’inspire des albums photo (trombinoscopes ou facebooks en anglais) regroupant les photos des élèves durant l’année scolaire et distribués à la fin de celle-ci aux collégiens, lycéens et étudiants (d’après Wikipedia).

Podcast, podcaster
C’est un moyen gratuit de diffusion de fichiers audio ou vidéo sur Internet, téléchargeables pour les utiliser sur des baladeurs numériques.

Wiki
Mot tiré d’un terme hawaïen qui signifie « rapide » désignant une application Web de gestion de contenu permettant de construire et d’organiser de manière collaborative une base de données disponible sur Internet. Par extension, un site Web construit à l’aide d’une telle application. Un bon exemple de wiki est l’encyclopédie collaborative Wikipedia.

Wikipedia
Site à vocation encyclopédique utilisant des outils rédactionnels collaboratifs permettant à plusieurs personnes de rédiger un document. Le nom Wikipedia tend à s’imposer pour qualifier tous les outils de ce genre (on parle des wikis).

YouTube
Site d’hébergement de vidéos sur lequel les utilisateurs peuvent envoyer et visualiser des séquences vidéo (d’après Wikipedia).