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Jeunesse, où en es-tu ?

Au moment d’introduire ce dossier sur la jeunesse, je prends conscience de la difficulté de la tâche.
Adolescent, j’étais incapable de prendre au sérieux ceux qui s’adressaient à moi en croyant savoir ce que je vivais, ce que je pouvais ressentir… Alors comment prétendre aujourd’hui connaître les interrogations, les envies, les aspirations de la jeunesse ?

une préocupation...


Le 18 décembre 2006, « L’enquête Ipsos-Graine de citoyens réalisée auprès des 18-24 ans montre à quel point les jeunes sont éloignés des schémas politiques traditionnels. Ils se déclarent majoritairement “proches d’aucun parti”, ont une mauvaise image des responsables politiques, qu’ils considèrent comme peu représentatifs de la société actuelle, et sourds à leurs préoccupations. La majorité déclare pourtant s’intéresser à la politique, et presque tous disent qu’ils iront voter. »
En faisant des recherches pour ce dossier, j’ai eu l’occasion de lire ce sondage… Mon esprit a ensuite fait la transposition : Quels résultats obtiendrais-je si je faisais le même genre d’étude concernant l’Église ? Ma réponse serait-elle :
« L’enquête Ipsos-Pour La Vérité réalisée auprès des jeunes de 18-24 ans montre à quel point les jeunes sont éloignés des schémas ecclésiologiques traditionnels. Ils se déclarent majoritairement “proches d’aucune Église”, ont une mauvaise image des responsables religieux, qu’ils considèrent comme peu représentatifs de la société actuelle et sourds à leurs préoccupations. La majorité déclare pourtant s’intéresser à la spiritualité, et presque tous disent qu’un Dieu existe. »

Un défi pour l’Église
Au moment d’introduire ce dossier sur la jeunesse, je prends conscience de la difficulté de la tâche.
Adolescent, j’étais incapable de prendre au sérieux ceux qui s’adressaient à moi en croyant savoir ce que je vivais, ce que je pouvais ressentir… Alors comment prétendre aujourd’hui connaître les interrogations, les envies, les aspirations de la jeunesse ?
Nos histoires, nos vies sont toutes différentes. C’est ce qui fait la beauté de la création de Dieu.
Mais il y a tout de même des points communs à toute jeunesse : cet esprit de liberté, ce sentiment que rien n’est impossible, que demain nous appartient, cette soif aussi de répondre à bon nombre de questions existentielles.
C’est sur ces points qu’il me paraît essentiel pour l’Église aujourd’hui d’écouter ses plus jeunes membres et de se rendre compte qu’elle a un rôle fondamental à jouer dans le développement des jeunes en tant que chrétiens, certes, mais aussi en tant qu’êtres humains libres, confiants et pleins d’espérance.

Sortir des préoccupations
Une préoccupation reste une préoccupation, c’est là tout le problème. L’écologie fait partie des préoccupations de la jeunesse aujourd’hui. C’est communément accepté. J’ai pu le constater lors de mon implication avec « all at once »1 (« d’un seul coup ») lors de la tournée mondiale de Jack Johnson (chanteur/surfeur américain et nouvel apôtre de la pensée écolo – www.jackjohnsonmusic.com).
Mais un sondage réalisé entre le 22 mars et le 2 avril 2007 auprès de 2000 répondants âgés de 13 à 19 ans démontre qu’ils ne font pas tous des efforts pour l’environnement… même si 94 % des adolescents interrogés par la firme Ipsos Reid se disent préoccupés par l’environnement en posant des gestes concrets, il n’en demeure pas moins que :
– 77 % ont indiqué qu’ils étaignaient leur ordinateur immédiatement après l’avoir utilisé ;
– moins de la moitié d’entre eux réutilisent leurs bouteilles d’eau ;
– moins de la moitié d’entre eux font le tri de leurs déchets pour en mettre une partie au recyclage.

Désillusion politique
On assiste aujourd’hui à une sorte de résignation générale… « Oui, je m’intéresse à ça, à ça, mais est-ce que cela en vaut la peine ? Finalement, rien ne va vraiment changer. »
C’est particulièrement vrai dans le domaine politique, comme j’ai déjà pu l’évoquer. On assiste, depuis 2002 avec le « séisme Le Pen » au deuxième tour de l’élection présidentielle, à un investissement massif du monde politique, social, des arts pour inciter les jeunes à s’inscrire sur les listes électorales et voter… Et après ?
Au-delà de l’inscription sur les listes électorales, reste la question de la portée du vote et de ses effets. De ce point de vue, « les 18-25 ans n’ont plus une vision naïve ou lyrique du vote : finis, les grands soirs aux lendemains qui chantent. Seul un peu plus d’un jeune sur 10 (12 %) estime que le vote peut beaucoup contribuer à faire évoluer les choses dans le pays. On peut toutefois relever un double clivage au sein de la population jeune à ce sujet. Un clivage générationnel, d’abord : les 18-20 ans se montrent beaucoup moins désabusés (69 %) à l’égard des effets du vote que leurs aînés de 21-23 ans (56 %) et de 24-25 ans (51 %).
Finalement, reste-t-il encore des idéaux pour notre jeunesse ? Ces nouvelles générations, élevées dans l’ère du virtuel, de la mondialisation, de l’image ne sont-elles pas tout simplement dans une logique pragmatique ? Est-ce que la crise que nous sommes en train de vivre ne va pas venir à bout de la confiance nécessaire à la vie ensemble ?
Je ne le crois pas. Après le chômage, le racisme est la deuxième préoccupation des jeunes français2. C’est révélateur de la place qui est faite à l’autre dans la pensée de nos jeunes. Ils ne sont pas dupes vis-à-vis d’Internet, vis-à-vis de la déshumanisation latente de notre société. Leur vision de la sexualité est révélatrice de cet aspect : malgré la place de la pornographie dans notre société, leur idéal reste la famille classique3.

Entrer pleinement dans l’espérance
Une étude américaine4 (The Barna Group) soutient que seulement 1 jeune sur 5 maintient le même niveau de spiritualité une fois passée la vingtaine. Cette étude révèle que même ceux qui étaient très actifs dans leur Église durant l’adolescence montrent ensuite une désaffection plus profonde pour l’Église, le culte, la lecture de la Bible, les dons financiers et l’étude personnelle que des adultes plus âgés. Plus préoccupant encore : 61% des jeunes investis dans leur Église à l’adolescence se désengagent totalement à la vingtaine…
Certes, cette étude est américaine mais, mise en parallèle avec notre (modeste) enquête dans ce numéro, n’est-elle pas révélatrice de la réalité, du défi à relever et de la responsabilité qui nous incombe ? Celle de formuler une vision biblique du monde équilibrée et réfléchie pour nos jeunes, de les inciter à prendre des initiatives dans l’Église, de se former une conscience pétrie et nourrie de la Parole, qui ne passe pas sous silence les difficultés, les doutes, les questions, les douleurs… Non, la vie chrétienne n’est pas un long fleuve tranquille. Mais elle insiste sur l’espérance déjà présente ici-bas !
Si les jeunes entrent dans une église, c’est pour y trouver ce qui fait défaut dans un monde informatisé mais bien trop souvent déshumanisé : « fraternité, solidarité, générosité et surtout Amour ».

Nous marchons tous ensemble

Au-delà du multimédia, c’est avant tout Dieu et d’autres êtres humains que les jeunes viennent rencontrer… Des hommes et des femmes qui doutent parfois, comme eux. N’oublions pas que pour beaucoup, l’adolescence est un moment où on lutte contre la solitude, la dépression, où on recherche un but. Les Smashing Pumpkins6 ont d’ailleurs terriblement bien exprimé la tourmente de l’adolescence dans leur tube Bullet With Butterfly Wings :
« The world is a vampire (…), despite all my rage, I’m still just a rat in a cage, and I still believe that I cannot be saved. »5 (Le monde est un vampire (…), en dépit de toute ma rage, je reste encore et toujours un rat dans ma cage, et je crois toujours ne pas pouvoir être sauvé.)
C’est pourquoi, jeunes et moins jeunes, ceux qui entrent dans une église viennent surtout y trouver un message clair. N’est-ce pas ce qui transparaît aux détours de réponses à la question « Pourquoi venez-vous à l’église et qu’aimeriez-vous y trouver? » :
« Pour les messages, des réponses… mais c’est rare que les sujets des messages m’intéressent. »
« J’attends du culte qu’il m’aide à vivre selon la volonté de Dieu dans mon quotidien et qu’il m’explique la Parole de Dieu. »
À l’adolescence, on développe son identité et on comprend que ce que l’on croit depuis tout petit, grâce aux parents, est différent de ce que croient les autres. On est ouvert à ce que les autres ont à offrir, on veut faire partie d’un groupe… Et, finalement, si l’Église ne prépare pas les jeunes à cette confrontation, les idées, les autres systèmes de croyance peuvent devenir très attractifs…
Je crois que la meilleure chose à faire, c’est de nous éduquer afin de bien comprendre pourquoi nous croyons. Ne pas avoir peur de confronter, d’étudier, de laisser surtout nos jeunes se poser des questions, se confronter au « monde ».
C’est pourquoi vous trouverez dans ce dossier, des articles sur le corps, la sexualité, qui sont souvent des questions que nos jeunes n’osent pas poser… Des questions où nous sommes mal à l’aise car nous ne connaissons pas réellement ce à quoi ils sont exposés.

La question pour nous aujourd’hui
Comment aidons-nous nos jeunes à rester attachés à la foi que nous leur avons enseignée ? Comment l’Église rend-elle réelle, attractive et pertinente cette foi ?
Comment faire pour qu’aujourd’hui, la foi ne reste pas simplement une préoccupation pour nos jeunes, mais qu’elle soit leur vie ?!
Oui, nous aurions pu faire un dossier général sur la jeunesse, mais nous avons préféré nous laisser bousculer un petit peu, donnant la parole à plusieurs jeunes, chrétiens et non chrétiens. Nous avons voulu nous laisser interpeller, remettre en question parfois ; mais aussi nous laisser réconforter dans l’idée que la jeunesse n’attend pas forcément de l’Église qu’elle soit autre chose que ce qu’elle est : un lieu d’écoute et de rencontre, de la Parole et de l’autre, un lieu de découverte de Dieu, des autres, de soi-même.
« Il en sera de même de la Parole que j’ai prononcée : elle ne reviendra jamais vers moi vide, sans avoir accompli ce que je désirais et sans avoir atteint le but que je lui ai fixé. » Esaïe 55.11
Par Jérémie Chamard,
pasteur de l’EEL de Dreux

1 www.allatonce.org.
2 http://www.tns-sofres.com/etudes/pol/100401_racisme_n.htm.
3 Voir le reportage d’Arte « A l’école du X » par exemple.
4 http://www.barna.org/FlexPage.aspx?Page=BarnaUpdate&BarnaUpdateID=149.
5 Mellon Collie and the Infinite Sadness, 1995, Virgin Records America.
6 Groupe de rock alternatif américain.




Enquête


Quelle place occupe la foi dans la vie des jeunes aujourd’hui ? Comment perçoivent-ils l’Église, son enseignement ? Leur relation avec Dieu, avec la Parole ? Qu’est-ce qui les attire dans l’Église ou au contraire les en éloigne ?

Ces questions sont celles qui trottaient dans la tête de Jérémie Chamard au moment de penser à ce dossier, et plutôt que d’essayer d’y répondre, il a préféré directement demander
aux principaux intéressés. Plusieurs jeunes, chrétiens et non chrétiens, de 18 à 21 ans, filles et garçons, ont accepté de répondre à ces questions.

A votre avis, si Dieu existe, où peut-on le rencontrer ?

On devrait pouvoir le rencontrer partout… Pas seulement dans une église. Dieu, s’il existe, n’est-il pas omniscient [sic] ?

Dieu est partout, il n’y a pas d’endroits plus propices pour le rencontrer, c’est l’état de notre cœur qui importe.


Que vous attendez-vous à trouver en entrant dans une église ? (contenu, message, forme, ambiance, etc.)

En théorie ça devrait se passer comme cela : fraternité, solidarité, générosité et surtout Amour. Malheureusement, j’y ai souvent également trouvé conflits, jalousie, médisance, intolérance et surtout hypocrisie.

Des gens complètement illuminés déjà, qui exposent beaucoup trop leur foi… Mais il y a quand même des gens bien !

Je m’attends à trouver un message qui puisse m’édifier, me donner du courage dans ma vie de tous les jours, des frères et sœurs partageant la même foi…


Qu’est-ce qui vous pousserait à entrer dans un lieu de culte ?

Des amis, de la famille, des gens que j’aime et pour qui Dieu, la foi et l’Église occupent une grande place dans leur vie. Peu importe la religion.

J’y vais depuis que je suis né ! On ne m’a pas vraiment laissé le choix, donc je dirais mes parents ! Vu que mon éducation biblique est déjà faite, je pense que ce qui me pousserait à vraiment y aller ce sont mes futurs enfants, pour leur apprendre tout cela à leur tour.


Qu’aimeriez-vous y trouver ? (contenu, message, forme, ambiance, gens, etc.) Qu’attendez-vous de celle-ci?

Pour le message, des réponses… Mais c’est rare que les sujets des messages m’intéressent.

J’aimerais y trouver de quoi me rapprocher de plus en plus de Dieu, en connaître plus sur lui, des frères et sœurs avec qui partager… (Ma réponse aux deux questions est similaire, oui ;-))

J’aimerais y trouver une ambiance avec des chants dynamiques et un message clair et adapté à tous.

J’aimerais y trouver des personnes accueillantes. J’attends du culte qu’il m’aide à vivre selon la volonté de Dieu dans mon quotidien et qu’il m’explique la Parole de Dieu.


Si Dieu, ou la foi, ne vous intéresse absolument pas, pourquoi ?


Je me suis désintéressée de la foi lorsque j’ai réalisé le manque, voire l’absence de remise en question chez beaucoup de chrétiens, qui au lieu de cela tiennent un discours fermé. J’ai, disons, perdu la foi le jour où Dieu, qui promettait dans 1 Cor 10.13 de ne jamais laisser l’homme être tenté au-delà de ses forces, m’a laissé commettre un geste que je n’ai pas pu contrôler et qui a failli me coûter la vie. Sans intervenir.

Période de difficultés spirituelles, morales.


Vous arrive-t-il de penser à Dieu ? Quelle place occupe la foi/spiritualité dans votre vie ?

Je pense à Dieu assez régulièrement et la foi occupe une place importante dans ma vie… mais pas encore assez importante !


Qu’est-ce qui vous retient « d’essayer » Dieu?


Pour moi, Dieu me donne le courage d’avancer tous les jours malgré les épreuves, il me comble de ses bienfaits… J’ai l’assurance d’être sauvée, l’espérance d’une vie après la mort… Mon Église me permet d’avancer avec Dieu, d’étudier sa Parole et d’en apprendre toujours plus sur lui. Et puis de rencontrer des gens super, venant de tous horizons, et de partager avec eux !

Je ne sais pas… la paresse peut-être.

Les jeunes non croyants.


Vous arrive-t-il de lire ?

Il m’arrive de lire Épi mais jamais la Bible


Faites-vous une différence entre la foi et la religion organisée ?


Je ne sais pas vraiment ce qu’est la religion organisée, mais je fais la différence entre les deux. Il ne faut pas que la religion devienne quelque chose que l’on fait par habitude. La foi c’est de croire sans forcément pratiquer de manière irréfléchie. Voilà ce qui différencie les deux selon moi.

Sex et pop culture


Pour aborder un sujet parfois délicat, il importait de repérer un certain nombre de préjugés, dans notre société, mais aussi dans nos Églises.

J’ai un jour été interpellé par une parole attribuée à Francis Schaeffer, pasteur et théologien américain : « Dans les années 1960, les jeunes s’exprimaient par la devise “Sexe, drogue et rock’n’roll”, mais les Églises avaient tellement peur du sexe et de la drogue qu’elles ont omis de répondre aux questions fondamentalement théologiques que posaient le rock’n’roll. »
Pourquoi Schaeffer aurait-il dit que les Églises avaient peur du sexe ? Serait-ce parce qu’elles ont tendance à se limiter à l’expression d’une morale : « Il faut… Il ne faut pas… » ?
J’ai travaillé 15 ans avec des personnes touchées par le Sida, la plupart contaminées par voie sexuelle. J’ai été plusieurs années animateur biblique pour les enfants et les jeunes. Cette expérience m’a convaincu que par ses pratiques dans ce domaine, l’individu pose des questions comme « Qui suis-je au regard des autres ? », « Qu’est-ce que le plaisir ? », « Comment me faire aimer ? » À ce titre, la sexualité a besoin d’une parole chrétienne qui aille au-delà de l’énoncé des règles morales et réponde aux interrogations plus profondes. Comment donc proposer à nos contemporains une approche chrétienne de la question, sans choisir la voie de la facilité et relativiser l’enseignement biblique sur la sexualité ? C’est un défi qu’il nous faut relever si nous voulons rester pertinents dans notre discours chrétien sur la question.


Deux préjugés qui posent problème :

La religion condamne le sexe. Joseph Campbell écrit à propos du serpent dans la Genèse : « L’idée dans la tradition biblique de la Chute est que la nature, telle que nous la connaissons, est corrompue, le sexe en lui-même est corrompu, et la femme comme apogée du sexe est corrompue » (La Puissance du mythe, p. 47). Cette opinion est une distorsion du message biblique. Nul besoin d’être un érudit de la Bible pour savoir que Campbell se trompe (Pr. 5.18).

La religion condamne le plaisir. Les chrétiens ont la réputation d’être anti-plaisir, bien qu’ils aient foi en un Dieu créateur du plaisir. Leur comportement en a souvent été la cause. Les plaisirs des sens ne devraient pas être étouffés, mais aiguisés par notre vision de Dieu comme concepteur des bonnes choses de la vie. Philip Yancey, auteur chrétien américain, écrit dans une chronique intitulée « Why is Sex Fun ?» (= Pourquoi le sexe est-il agréable ?) : « La reproduction ne nécessite pas de plaisir : certains animaux se divisent simplement en deux pour se reproduire, et même les humains peuvent recourir à des mesures d’insémination artificielle dénuées de plaisir. Pourquoi donc le sexe est-il autant lié au plaisir ? »


Les 4 « dogmes » du sexe dans la société contemporaine :

Bien que ces dogmes ne soient pas partagés par tous, ils le sont par la majorité de nos contemporains occidentaux. À la racine d’un grand nombre de maux, nous devons les remettre en question, par amour de la vérité.

La sexualité est une question d’identité : nous sommes notre sexe. L’idée provient de l’effet conjugué d’une divinisation de l’humain et d’une idéalisation de la sexualité. Elle sous-tend les revendications des multitudes d’orientations sexuelles déviantes, jusqu’à la pédophilie. Ce n’est qu’à l’époque moderne qu’on a tenté de séparer, de manière explicite, la sexualité de la relation. Nous avons faim de relations qui tiennent compte de qui nous sommes. À ce propos, notre époque est ambivalente. D’un côté, elle valorise des notions comme le don de soi, la fidélité et le respect d’autrui. De l’autre, elle revendique la liberté d’assouvir nos désirs, d’éprouver du plaisir.

Les rapports sexuels sont « naturels », puisque nous sommes des animaux évolués. Les relations sexuelles sont considérées comme un besoin biologique que nous partageons avec le reste du règne animal. Cette banalisation les isole de tout absolu moral, et ne tient pas compte de leurs conséquences. Il y a un réel malaise dans cette ambivalence : d’une part le sexe est sans importance (sans conséquence, sans responsabilité), d’autre part, il est très important, essentiel à l’épanouissement personnel.

Le bien-être passe obligatoirement par la gratification des sens à court terme. Voir la sexualité comme la satisfaction d’un besoin biologique implique que la répression de ses impulsions ne peut que nuire au bien-être.

La sexualité active est un droit. L’omniprésence médiatique des images à connotation sexuelle du corps humain nous suggère, parfois à notre insu, que les partenaires séduisants sont nombreux et facilement accessibles. Bombardés d’images aguichantes, nous finissons par revendiquer ce qui semble dû : la liberté de faire ce qui nous plaît pour assouvir les appétits ouverts par ces sollicitations. Ce dogme débouche sur deux corollaires notables :
– la commercialisation des moyens d’assouvir les convoitises sexuelles ;
– une attitude qui conduit à terme à la justification de toutes les perversions. Or, l’épanouissement sexuel (comme toute expérience humaine hormis la naissance et la mort) n’est pas garanti, que l’on soit chrétien ou non.


L’être humain rétabli
Au cœur de la foi chrétienne, une affirmation : Dieu, devenu homme, est venu rétablir ce qui avait été brisé par la chute en Éden. Rétablir, c’est rendre intègre, c’est refaire à l’original. C’est rendre vrai. Le chrétien ne doit donc pas être repérable comme quelqu’un qui ne fait pas ceci ou cela. Le chrétien est celui qui est rendu à la vérité. Quand Jésus a dit « Je suis le chemin, la vérité et la vie », il entendait bien que l’alternative était le mensonge et la mort. Il est venu, il a vécu, il est mort et il est revenu à la vie pour nous rendre vrais : dans nos relations avec Dieu, avec la nature et le monde, et avec les autres, notamment dans le domaine de la sexualité.

L’intérêt de la parole biblique dans ce domaine est de rapprocher le chrétien de son humanité d’origine, telle que conçue par Dieu. Les règles bibliques ont pour finalité de nous rendre plus humains selon le schéma créationnel, pas plus bizarres, ni plus méritants ou exceptionnels. Par ce rapprochement, nous devenons, de fait, plus épanouis en tant qu’êtres humains, et non pas brimés ou tristes, comme le laisse supposer l’idée que la morale chrétienne nous prive de « plaisir ».
Par Jonathan Hanley,
auteur, animateur biblique


Après avoir œuvré au Pakistan parmi les réfugiés afghans, Jonathan a travaillé avec les Groupes bibliques universitaires (GBU). Jonathan a ensuite exercé un ministère pastoral et a été engagé pendant une quinzaine d’années auprès des malades du Sida avec l’association Signe de Vie-Sida. Auteur de plusieurs ouvrages, il vient de publier chez Farel La Maison de la grâce. Jonathan Hanley vit avec sa femme et ses deux garçons près de Dinan, en Bretagne.


parure ou temple ?


Tatouages, piercings, etc. Notre corps est-il une parure dont nous disposerions à volonté ?

Dans un Occident sans âme, on a parfois l’impression que le corps reste le seul credo : « Je crois au corps tout-puissant ». C’est l’évangile de la pub : un corps beau, jeune, musclé, bronzé, en bonne santé, façonnable à volonté. Ce qui est un mensonge, nous le savons bien.
Cette obsession du corps, dans l’Occident sécularisé, semble faire écran et masquer un vide de l’âme. Il y a un culte du corps ; le corps est un temple, mais un temple vide. Face au corps lisse, au corps-idole de la pub, certains adolescents exhibent un corps « en guerre », marqué de tatouages ou hérissé de piercings, un corps contestataire des normes.
Bien sûr, il y a des degrés dans la contestation : un petit tatouage ou un seul piercing (ça dépend où !) ne produisent pas le même effet. Attention, je n’approuve pas ! J’invite simplement à garder le sens des proportions. Le pédo-¬psychiatre Marcel Ruffo déclare que si votre ado revient avec un piercing il ne faut pas s’affoler. En revanche, avec dix piercings, il faut s’en inquiéter ! Le psychologue Pierre Therme fait remarquer que le conflit de l’adolescence est « essentiellement corporéisé » et que les adolescents produisent de la « culture corporelle ».
Le piercing (de l’anglais « percer ») de l’adolescent est certainement une contestation des parents qui les atteint dans leur chair. Un discours corporel qu’on peut entendre comme : « Voilà ce que j’en fais de votre chair » ; « Je ne suis plus votre chair » ; « Je fais ce que je veux de ma chair ». Que dit la Bible de cette culture corporelle ? La Bible n’interdit-elle pas clairement le tatouage, par exemple ?

L’interdiction biblique du tatouage, contre le rituel païen
Dans les sociétés « primitives », les tatouages et autres marquages du corps ne sont pas du tout contestataires. Au contraire, la peinture du corps répond à des codes précis : en exhibant certains signes sur son corps, on enfile un uniforme, on indique sa place dans la société, son âge, le moment social (peinture de guerre) ou encore la divinité à laquelle on se consacre. Le tatouage est alors pour le fidèle d’une religion une manière de marquer qu’il appartient à tel dieu.
Les Égyptiens se tatouaient des images de leurs dieux et se lacéraient le corps lors de deuils (il est intéressant de noter que cette lacération est reportée sur le vêtement dans le judaïsme). C’est dans ce contexte de réaction à une pratique païenne que se situe l’interdiction du tatouage dans le livre du Lévitique : « Vous ne ferez pas d’incisions dans votre chair pour un mort et vous ne vous ferez pas de tatouage. Je suis le Seigneur (YHWH). » Lv .9:28. Le mot hébreu traduit par « tatouage » désigne soit le tatouage soit la peinture corporelle ; en tout cas le contexte est clair : cette activité est liée à un rituel païen, de deuil en l’occurrence.
On ne peut donc tirer de ce texte une interdiction générale du tatouage. En revanche, poser la question « A qui j’appartiens ?, A qui appartient mon corps ? » est plus pertinent. A l’armée, en prison, chez les motards, dans les gangs, il y a une tradition du tatouage qui est un signe de reconnaissance : on affirme son appartenance à un groupe, on fait corps avec lui. D’ailleurs les gangsters japonais, les Yakusas repentis se font enlever leurs tatouages qui marquent leur appartenance à la pègre.
Il est vrai qu’aujourd’hui dans une société individualiste, l’usage du tatouage, et autres, est plutôt ludique ou esthétique et participe à la construction de soi. Le discours corporel est plutôt « Mon corps m’appartient » que « J’appartiens à tel corps », groupe social ou religieux. Dans ce cas, une bonne clé biblique de lecture me semble le mot « parure ».

Corps parure, corps bling-bling !
Le prophète Esaïe tance les coquettes de Jérusalem et annonce le jugement du Seigneur : « En ce jour-là, le Seigneur ôtera toute parure : les anneaux, [voilà pour le piercing !] les filets et les croissants » Es 3.18. Au fond, Esaïe dénonce la culture « bling bling » !
Pour les non-initiés, cette expression onomatopéique évoque le cliquetis d’une chaîne. Elle vient des grosses chaînes en or qu’exhibent les rappeurs américains comme signe de réussite. On peut opposer à cette culture de l’apparence les paroles de Pierre : « Que votre parure ne soit pas ce qui est extérieur… mais plutôt celle du cœur » 1 Pi 3.3-4. En paraphrasant Pierre, on pourrait dire : « Que votre parure ne soit pas celle du corps mais plutôt celle du cœur ! »
À qui est mon corps ? En perspective biblique, mon corps est un don du Créateur ; à l’inverse du slogan « Mon corps m’appartient », il ne m’appartient pas.
Paul renforce cette affirmation en énonçant que le corps du chrétien est le temple du Saint Esprit et que, par son comportement extérieur, le chrétien doit honorer son appartenance intérieure (1 Co 6.19-20). Mais alors pourquoi un chrétien ne marquerait-il pas que son corps est le temple du Saint Esprit en se faisant tatouer une colombe ? Ou une croix ?
Il est intéressant de remarquer que, dans l’ancienne alliance, l’appartenance devait s’inscrire de façon visible dans le corps masculin par la circoncision alors que, dans la nouvelle alliance, l’inscription se fait par le baptême, sans trace corporelle signe d’un processus de spiritualisation : c’est la circoncision du cœur qui compte !

Logos et non logo !
On ne peut parler de tatouage sans rappeler que, dans les camps de concentration, un numéro était tatoué sur l’avant-bras des détenus pour les déshumaniser, les réduire à l’état de bétail, pour pouvoir mieux les exterminer.
A l’opposé, dans l’Apocalypse, les chrétiens reçoivent une marque, un sceau sur le front, qui scelle leur salut : ce signe est le nom même de Dieu (Ap 14.1). Notez qu’ils ne se marquent pas eux-mêmes mais que c’est l’œuvre de Dieu. Ce marquage est imité par l’adversaire diabolique de l’Agneau, « la Bête », qui oblige les hommes à recevoir la marque de son nom (Ap 13.17).
A tous ceux qui sont fascinés par les marques, dans tous les sens du terme, j’aurais envie de dire : « No logo » ! 1 Soyons des témoins du Logos, de la Parole, des porte-parole et non des porteurs de logos ! Logo non, Logos si !

1 Allusion au livre de Naomi Klein,
No logo, la tyrannie des marques, 2001, Actes Sud.



Union Jeunes'08


Comme chaque année à la Toussaint, les groupes de jeunes de nos Églises se sont retrouvés à la Costette (au Mazet-St-Voy, Haute-Loire) pour 4 jours intenses… sous la neige et la pluie cette année ! Mais cela n’a pas empêché les 180 jeunes présents de nouer des liens, de prendre des adresses et de repartir motivés pour une nouvelle année au sein de nos Églises. Un moment particulièrement fort et une expérience marquante ! Les textes des interventions de notre orateur, le pasteur Vincent Miéville, sont disponibles sur son blog : www.kerouvim.over-blog.com. Pour toutes les photos et les réactions : www.facebook.com (groupe Union Jeunes). A l’année prochaine !

Quelques témoignages publiés sur Facebook :

Un grand bien, merci pour les discussions et les remises en question. Merci pour les chants de louanges et leurs musiciens sympathiques comme tout.
Merci de recommencer l’an prochain.
Gros bisous à tous mes frères et sœurs que j’espère revoir au fil du temps.
Mickaël Agnard

Au cœur de la bataille du royaume qui vient, un temps de trêve un peu
à l’écart pour rassembler les forces
et mobiliser le cœur des troupes…
Ce n’est pas encore la fin, mais
la victoire est proche et certaine ! Courage à tous !
Thierry Nicole (pasteur)

Hey salut à tous, un petit mot pour vous dire que ce week-end m’a bien plu aussi, je remercie tous les organisateurs, le groupe de louange, les orateurs, Genesy et tous ceux qui sont dans l’ombre, c’est-à-dire les cuisiniers, le ménage, la maintenance, etc. sans qui rien n’aurait été possible. Je trouve aussi que ce groupe sur Facebook est une super bonne idée ! à++ et merci à tous ceux qui ont osé mettre de l’ambiance ;-) Qui ne saute pas n’est pas lyonnais hé !
Aurélie Novaret

Très bon week-end malgré la pluie énorme hein !! Merci aux organisateurs c’est toujours plein de bonheur et de moments forts !
Claire Rodier

Que dire, de la pluie en veux-tu en voilà, de la fatigue aussi, mais un concert de ouf, des vrais talents en scènes acoustiques, du sport, des moments spi qui nous ont fait « décoller », bref de supers moments ensemble ! Qu’un seul mot donc, MERCI Seigneur !
Anabelle Devaux

Ouais c’était ENOORRRME !!! Merci aux organisateurs et à Dieu pour ces moments forts !!
Thomas Merkling

Salut à tous !!!!!
J’espère que tout le monde est bien rentré de ce week-end. Je pense que pour que ce groupe puisse encore plus vivre, ce serait sympa d’échanger nos coordonnées pour qu’on puisse s’organiser des rencontres si nos Églises sont proches. Pour Bouffémont, je vous passe l’adresse de notre site :
http://epebouffemont.free.fr (attention aux remarques, il a été refait de mes propres mains). On a construit une nouvelle église donc on peut accueillir pas mal de monde maintenant donc n’hésitez pas. Bonne aprem’ à tous, God bless u
Xavier Chandler

Merci à tous les organisateurs pour ce super week-end. C’est à chaque fois des nouvelles rencontres inoubliables avec une ambiance incroyable.
Vivement l’année prochaine !
Sylvain Puig

Ce week-end était génial, j’en retiens des super souvenirs !
Merci aux animateurs qui ont bossé à fond pour que ce soit possible, et à tous les autres jeunes ! Que Dieu vous garde et à l’année prochaine !
Abigail Elizabeth Carlson


Seigneur, ta parole
1. Seigneur, ta parole, tes mots résonnent dans ma tête/
Ils font écho, ce sont eux qui fortifient mon cœur en pleine tempête/
Ils chassent mes frayeurs, ma peur de l’avenir/
M’avertissent du malheur, m’édifient pour le meilleur ou le pire/
Seigneur, tes mots changent mon cœur de pécheur/
Ma vie, ma vision chaotique/ diabolique/
C’est eux qui ont provoqué mon déclic/
Qui se sont chargés d’révolutionner mon code éthique/
Seigneur, aujourd’hui ma seule et unique/ raison de vivre/
Est de suivre ta volonté/ que tous puissent progresser/ dans la foi en toi, l’unique/
Dieu plein de compassion, digne de recevoir la louange angélique/
Que toutes les âmes sachent être attentives/
À tes mots qui nous dévoilent, te décrivent/
Si bien, si bien qu’ils nous enivrent/
D’une véritable joie de vivre/
Ta parole, tes mots résonnent dans ma tête/
Comme :

Refrain : Ne crains rien, car je suis avec toi/
Ne promène pas/
Des regards inquiets, car ton Dieu, c’est moi/
Mais « Fuis les passions de la jeunesse ;
Recherche sans cesse la droiture, la foi,
l’amour, la paix, avec ceux qui sans cesse,
D’un cœur pur, font appel au Seigneur/

2. Même en plein cœur de leurs détresses/
Seigneur, pour toi/ je veux être aux pas/
Fuir loin, des passions de nos générations perverses/
Rechercher la paix, la foi, la droiture/
L’amour avec ceux, qui d’un cœur pur/
Font appel au Seigneur/ même en plein cœur/ de la cité/
Seigneur, ta parole me libère de la captivité/
De cette camisole, des mensonges qui nous ruinent, et nous empoisonnent/
Qui nous empêchent d’accepter/ le chemin, la vie, la vérité/
D’être sauvé/ d’être en sécurité/
Avant que les trompettes sonnent/
Merci, Seigneur pour ta parole/
Celle qui, dans ma tête résonne/
Comme : (Refrain)

3. Même en plein cœur de leurs détresses/
Amen, Seigneur, à cette parole que tu m’adresses/
Qui résonne dans ma tête, oui mais pourquoi ?/
Père céleste, tu adresses à moi ? Pourquoi ?/
Tu m’aimes comme ça/
Moi qui mérite d’être condamné à mourir sur une croix/
Tu me parles d’espoir/
de la fin d’une vie qui cherchait désespérément dans le noir/
Une issue dans un cauchemar/
Seigneur, merci pour cette parole que tu me donnes de recevoir/
Aujourd’hui, je souhaite la partager/
Elle m’a touché, brisé/
Elle est pleine de grâce, et de vérité/
Elle m’a sensibilisé, façonné/
Qu’elle soit libre, elle a produit ses effets/
Je ne peux la contenir, la retenir/ emprisonnée/
Je me dois de la laisser libre d’agir/ d’affranchir l’opprimé/
A celui à qui on a ôté l’espoir/
Dans ma tête ça fait : (Refrain)

Cette année encore, nos jeunes ont fait preuve de créativité. En guise d’exemple, un rap écrit par Yann Preci et interprété par le groupe de jeunes de Deuil-la-Barre (ci-dessus).


« Si vous entendez la voix de Dieu aujourd’hui, ne refusez pas de comprendre. » Hébreux 4.7
« Elle est la vérité qui concerne le Christ », pour vous, elle a traversé les siècles.
Ecoutez et accueillez la « non comme une simple parole humaine, mais comme la parole de Dieu, ce qu’elle est réellement. Ainsi, elle agit en vous, les croyants. »
1 Thess 2.13