| L’évolution : fait ou hypothèse ? |
| 04-05-2009 | |
Le but de ce court article n’est pas de se prononcer sur le « statut » de l’évolution des espèces, mais de clarifier les enjeux et de préciser les concepts mis en œuvre dans la discussion au sujet de l’évolution.Le contraire de la notion d’évolution est celle de fixité : soit les espèces animales et l’être humain sont apparus progressivement et les uns à partir des autres, soit ces réalités ont toujours été telles qu’elles sont aujourd’hui. L’évolutionnisme et le fixisme sont deux « explications » scientifiques du monde du vivant, deux « théories » globales et concurrentes sur l’origine des espèces et, en particulier, de l’homme. Avant Darwin, les sciences du vivant et de l’homme étaient fixistes (Cuvier, Linné, etc.). Depuis lors, l’évolutionnisme s’est imposé. Car les hypothèses évolutionnistes ont acquis un très grand degré de généralité et donc de « certitude » ou de vraisemblance. En effet, l’idée que les espèces se sont transformées est largement documentée par le grand nombre de fossiles et la connaissance de l’ADN. Les débats actuels portent uniquement sur la manière dont s’opère cette évolution : quelle est la part du hasard, de la sélection par le milieu, des contraintes physico-chimiques ? Le théisme et l’athéisme sont deux « explications » philosophico-religieuses de l’origine des espèces et de l’homme. L’athéisme matérialiste des temps passés a été fixiste (monde éternel, espèces stables, etc.). Le matérialisme contemporain est évolutionniste ; le créationnisme théiste est fixiste dans les cercles dits fondamentalistes, et évolutionniste pour, par exemple, les partisans du « dessein intelligent ». La démarche scientifique se distingue de la démarche théologique par le fait qu’elle n’a le droit de décrypter la réalité qu’à partir des données constatables, qu’un théologien appellera « causes secondes » ou « réalités contingentes ». Elle nommera ainsi hasard ce en quoi le croyant, fidèle à l’Écriture, discernera la manifestation de la souveraine providence de Dieu, agissant secrètement ou miraculeusement dans les choses. L’hypothèse très vraisemblable de l’évolution s’accorde ainsi sans difficulté avec une explication théiste de l’origine des espèces et de l’homme. Par Jacques Buchhold, professeur à la Faculté libre de théologie évangélique de Vaux-sur-Seine (Yvelines) |
Le but de ce court article n’est pas de se prononcer sur le « statut » de l’évolution des espèces, mais de clarifier les enjeux et de préciser les concepts mis en œuvre dans la discussion au sujet de l’évolution.