Peut-on se réjouir de la mort d’un terroriste ?

Certains y arrivent. Moi pas. Car souvent, la mort d’un terroriste entraîne celle de beaucoup d’innocents. Mais peut-être la question porte-t-elle sur la récente mise à mort d’un tristement célèbre chef terroriste. Dans ce cas, je peux comprendre le soulagement que l’on peut éprouver. Pourtant, je n’arrive toujours pas à m’en réjouir.
Posons la question autrement. En tant que chrétien, puis-je me réjouir de la mort d’un terroriste ? Cette question en soulève pour moi bien d’autres. Celles-ci portent sur ma manière de lire la Bible, sur la tension qui existe entre la société et l’Église, sur mon pacifisme, la guerre défensive, voire offensive…
Je m’explique. D’un côté, le chrétien est appelé à être un artisan de paix (Mt 6:9) et à ne pas rendre la pareille (Rm 12:17). Dieu dit : À moi la vengeance et la rétribution (Rm 12:19). Non seulement je ne dois pas me réjouir de la mort d’un terroriste, mais je dois rigoureusement adopter et proposer une autre attitude (Mt 5.38-42).
De l’autre côté, la Bible enseigne que les autorités politiques (et militaires) sont au service de Dieu pour veiller sur le bien et pour limiter les dégâts causés par le mal (Rm 13:1-7). Et le chrétien qui se retrouve en charge d’une telle responsabilité ? Que doit-il faire ?
Je propose de poser la question initiale encore différemment. La mort du chef terroriste était-elle nécessaire ? Peut-être. Probablement ?! Mais de là s’en réjouir ? Certainement pas !
Ralph Frauchiger, pasteur de l’EEL de Cluses