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L’Église doit-elle grandir ?

reponseLa croissance est en tout cas un objectif constructif à se fixer, surtout si on pense à une croissance à la fois quantitative (numérique) et qualitative (en qualité de vie d’Église, de témoignage, en maturité et en connaissance de la Parole). Cette notion de développement de l’Église est bien présente dans la manière dont le livre des Actes décrit la naissance du christianisme. L’idée de croissance peut-être stimulante ; elle peut nous pousser à ne pas nous contenter de vivoter ; elle peut nous inciter à l’évangélisation.

Ceci dit, il ne faut pas oublier que les Églises, comme les êtres humains, passent par diverses « saisons » : de développement et de dynamisme, d’approfondissement et de stagnation, d’épuisement et de régression, pour ne citer que quelques exemples, sans ordre particulier. C’est pourquoi la formulation de la question (« l’Église doit-elle ») pose un problème. Par ailleurs, les Églises ont à faire face à des contraintes sociologiques parfois très fortes, contre lesquelles elles ne peuvent pas lutter, et qui exercent une influence très nette sur leur histoire. Lorsque cette influence va dans le sens de la décroissance, on peut rappeler aux Églises que la qualité du témoignage chrétien ne se mesure pas à son ampleur. Et lorsque l’Église grandit, on peut lui rappeler que c’est le Seigneur qui fait grandir, qu’elle peut se réjouir et mettre toute son énergie à avancer dans cette direction.

Christophe Paya, pasteur détaché des EEL, professeur de théologie pratique à la Faculté Libre de Théologie Evangélique de Vaux-sur-Seine