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Un chrétien peut il avoir recours aux « médecines douces » ?

La médecine classique a bâti ses succès sur une pratique factuelle, basée sur des faits, et peut affirmer un certain nombre de choses qui ont été soumises à l’épreuve de ces faits. Néanmoins toutes les questions qui se posent n’ont pas toujours (loin s’en faut) des réponses certaines. Les médecines douces n’ont en général pas apporté de preuves scientifiques de leur efficacité ; elles permettent pourtant parfois d’excellents résultats observables par les patients, même si elles ne sont pas efficaces dans tous les cas.


 
Le simple bon sens peut alors commander d’appliquer un traitement ayant démontré son efficacité et son bon rapport efficacité/tolérance quand il existe ; s’il n’existe pas pourquoi ne pas essayer des traitements dits de médecines douces ?
 
Le problème se complique par le fait que toutes méthodes thérapeutiques sont appliquées par des soignants… Si aucune méthode ne paraît supérieure à une autre, le rôle du soignant n’en est que plus important, que ce soit avec des traitements dit doux ou plus classiques. En fait, il y a des pathologies pour lesquelles l’absence de choix vers un traitement qui a prouvé ses bénéfices serait coupable, et d’autres pathologies où la manière de donner un traitement vaut mieux que le traitement que l’on donne. Ainsi une médecine classique peut se révéler peu respectueuse du patient en charge et  à l’inverse une médecine douce  plus à son écoute.
Pour le chrétien : vers quoi se tourner ? Probablement vers là où il se sentira le mieux respecté en tant que créature de Dieu, par des soignants soucieux eux-mêmes d’une éthique en conformité avec l’Évangile. Peut être le problème de départ s’avère alors un faux problème comme celui de savoir si l’on pouvait manger la viande sacrifiée aux idoles…

Jean-Louis Poujol,
médecin membre de l’EEL d’Aubagne