Menu Content/Inhalt
Accueil Début de réponse Faut-il interdire la fessée ?

Faut-il interdire la fessée ?

Cette question au premier abord anodine ne l’est certainement pas. En effet, le Conseil de l’Europe s’est emparé du sujet et a lancé une campagne pour faire interdire la fessée dans l’Union européenne, et sur les quarante-sept pays représentés par cette institution, dix-huit l’ont déjà interdite c’est-à-dire, d’une certaine manière, criminalisée. Il est évident  qu’il ne s’agit pas ici de la fessée humiliante et qui confine à la maltraitance. Ceci dit, en interdisant jusqu’à la petite fessée ou la petite tape sur la main dont la douleur est vite oubliée mais dont l’effet psychologique et pédagogique aide à assigner un cadre et des limites au désir tout puissant de l’enfant, c’est un type d’éducation que l’on privilégie.

Que voulons-nous ? Une éducation qui prend en compte la différence entre enfant et adulte, où l’adulte institue, met des limites à l’enfant et ainsi le confronte au principe de réalité, ou alors une éducation où tout doit être mis au même niveau, où l’idée d’un adulte qui donne un cadre contraignant, qui interdit, qui sanctionne est devenue insupportable ? Question politiquement incorrecte. Mais déjà la pente est prise dans nos sociétés ultramodernes qui gomment la différence des générations, et ne soyons pas alors étonnés que vienne le temps d’une violence enfantine et adolescente aveugle, dont nous abreuvent les médias. Car la jeunesse invente, par la violence, l’autorité qu’elle n’a jamais subie.

Marc Opitz,
membre de l’EEL de Paris-Alésia