Menu Content/Inhalt
Accueil Début de réponse Toute vérité est-elle bonne à dire ?

Toute vérité est-elle bonne à dire ?

L’exigence de dire la vérité prend sa source en Dieu, Dieu est le Dieu de vérité, mais elle est aussi la condition de relations vraies : « Que chacun de vous dise la vérité à son prochain, ne sommes-nous pas membres les uns des autres ? » Eph 4:25. La vérité est la condition de rapports sociaux de confiance. Dans un couple, on doit pouvoir se dire la vérité, un médecin doit dire la vérité à son patient, un État qui trompe ses citoyens ne peut espérer qu’on lui fasse confiance. Mais « toute vérité est-elle bonne à dire ? ». Est-il utile de dire à une personne très âgée et dont l’équilibre psychique est fragile que son fils est mort ? Ceci dit, cacher à un enfant le décès de  son  grand-père, c’est l’empêcher d’affronter la réalité : nous sommes mortels. En revanche est-on obligé de dire à cet enfant que son grand-père s’est suicidé ? Il faudra le lui dire mais seulement quand il sera en âge de l’entendre. Si un membre de l’Église s’est suicidé, doit-on le dire ? Cacher la vérité, c’est aussi priver de compassion sa famille. Bien sûr, si celle-ci désire qu’on n’en parle pas, il faudra respecter son désir.
 
Cependant, ne confondons pas dire la vérité avec se défouler ! Dans un différend, il y a une exigence de vérité, on peut même se mettre en colère (Ep 4:26) ! Mais sous conditions : « Ne laissez aucune parole blessante franchir vos lèvres mais seulement des paroles empreintes de bonté. Qu’elles répondent à un besoin et aident les autres à grandir dans la foi. » Ep 4:29 (Semeur). On voit donc que la question de dire la vérité ne peut être dissociée de l’amour du prochain et de ce qui est utile pour le faire grandir.

Luc Olekhnovitch,
Pasteur de l'EEL de Meulan