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Un chrétien peut-il pratiquer les arts martiaux ?

Oui, mais… Si vous pensez que des esprits mauvais se trouvent liées aux autres religions, vous ne trouverez pas ici de réponse convaincante. Si vous pensez « qu’il n’y a pas d’idole dans le monde et qu’il n’y a de Dieu qu’un seul » (1 Co 8:4) alors tentons de poser un début de réponse en deux temps.


L’art martial est marqué par sa culture, asiatique en l’occurrence. Elle fait partie intégrante de la pratique. Le français est ainsi langue internationale de l’escrime, personne n’y trouve à redire. L’étiquette (le protocole) des arts martiaux est marquée par la religion du pays d’origine. Y a-t-il un risque ? Le salut fait en début de cours pour honorer la mémoire du fondateur d’un art qu’il a transmis doit-il forcément être considéré comme de l’idolâtrie par ceux qui observent très chrétiennement une minute de silence en hommage aux morts ? « Heureux celui qui ne se juge pas lui-même en exerçant son discernement ! » (Rm 14:22). 
Les motivations personnelles, l’esprit qui « habite » celui qui pratique un art martial, vont faire toute la différence. Celui qui veut devenir plus fort que les autres ferait mieux de pratiquer un sport de combat et faire des compétitions (lutte, boxe, full contact…) plutôt que de se laisser séduire par les légendes des « cris qui tuent ». Ces arts ont été « codifiés » pour apprendre à maîtriser sa propre violence et non celle des autres. C’est ainsi que le judo, l’aïkido, l’ikebana (la voie des fleurs), le sâdo (la voie du thé) apportent exactement la même maîtrise de soi. Ils développent la tempérance chez ceux qui ont tendance à tempêter.
L’art martial peut être une voie, parmi d’autres, qui permet d’apprendre dans son corps à « ne rendre à personne le mal pour le mal » (Rm 12:17).

Philippe de Pol,
Pasteur de l'EEL d'Orthez.