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Entre karaoké et tradition : où va le chant d’Eglise ?

« Parlez-vous par des psaumes, des hymnes et des chants spirituels ; chantez et célébrez le Seigneur de tout votre cœur… » (Ep 5:19) ! Le principe du chant communautaire, redécouvert par la Réforme, est acquis.


Un style contemporain semble naturel pour des cultes évangéliques qui se caractérisent plutôt par une volonté d’adaptation à la culture populaire que par le maintien d’une tradition ecclésiale. Cependant, la question s’est toujours posée : la musique populaire peut-elle traduire de façon adéquate l’adoration de Dieu ? Calvin recommande de faire attention à ce que le chant ne soit pas léger et instable : « Il y a ainsi une grande différence entre la musique qui se pratique pour réjouir les gens à table et chez eux, et les psaumes qui se chantent dans une Église…»1.
Il est donc important de « filtrer » la musique populaire de ces valeurs et connotations inadaptées. Nous ne voulons pas « importer » avec le style de musique le côté performance et l’individualisme de la Star Ac’ (ou du karaoké) ! Et résistons à la tendance chant-spectacle où l’assemblée ne fait que chantonner les refrains de chants interprétés « sur scène ». Nous cherchons des chants que tous peuvent chanter, ensemble !
Et la tradition ? Il n’y a pas un seul style de musique qu’apprécient nos contemporains. Certains cherchent autre chose qu’une ambiance « centre commercial ». Quelque chose qui rime avec sens, culture, histoire, spiritualité. Enrichir nos cultes de cet héritage de la foi qui nous vient des siècles précédents de façon intelligente et intelligible me semble une manière de s’ouvrir à l’avenir !

Par Katie Badie,
pasteur de l’EEL de Paris-Alésia


1 Jean Calvin, Opera Selecta II cité par Ermanno Genre, Le culte chrétien – une perspective protestante, Labor et Fides 2008, p.74.