Les animaux ont-ils une âme ?
La question plus précise devrait être : les animaux ont-ils une âme spirituelle et immortelle ? Car le vocabulaire hébraïque de l’« âme » (néfesh : âme, vie – rouah : souffle, esprit) est aussi employé pour les animaux (Gn 1: 20 ; Ec 3:21) et n’implique pas l’immortalité. Les théologiens du Moyen Âge distinguaient l’homme doté d’une âme spirituelle et immortelle (l’« animus ») de l’animal doté d’une « âme sensitive » et mortelle (l’« anima », mot duquel provient « animal »). Les études modernes du comportement animal montrent que des animaux donnent des signes d’émotion, de raisonnement, fabriquent des outils, etc. Mais l’homme est le seul à parler… avec Dieu, car il a été créé pour ce dialogue, en image de Dieu.
Quant à l’immortalité de l’âme, l’Ecclésiaste se pose la question de savoir si le souffle de l’homme, au lieu de monter au ciel, ne retourne pas à la poussière comme celui de l’animal (Ec 3:21). Mais à la fin de son livre, il semble répondre à la question en invitant l’être humain à se souvenir de son Créateur « avant que… l’esprit (rouah) retourne à Dieu qui l’a donné. » (12:9)La Bible montre une sollicitude de Dieu pour les animaux : en témoignent certaines dispositions de la loi de Moïse, l’attention aux animaux de Ninive (Jonas 4:11), etc. Cependant c’est la mort humaine, et non animale, qui est scandale. C’est pour les humains que le Christ est venu, pour sauver leur âme immortelle d’une mort spirituelle éternelle.
Par Luc Olekhnovitch,
pasteur de l’EEL de Meulan (Yvelines)