La prière pour les morts
à l’honneur dans les Églises catholique et orthodoxe (il y a même des messes pour les morts), la prière en faveur des morts n’est pas encouragée dans le protestantisme. Pourquoi ? Les Réformateurs (Calvin plus fermement que Luther) l’ont dit : aucune base biblique, aucune directive dans ce sens, aucun exemple explicite. Certains ont avancé l’hypothèse qu’en 2 Timothée 1.18 on aurait un cas de « prière » pour un « mort », Onésiphore, c’est pour le moins discutable. Plus sérieusement, on fait appel aux coutumes des chrétiens des premiers siècles (les inscriptions dans les catacombes) et à l’avis de certains Pères de l’Église.
Ceux qui tiennent à fonder leur pensée et leur pratique uniquement sur le roc de l’Écriture s’abstiendront de prier pour les croyants disparus, qui, d’ailleurs, n’en ont pas besoin. Ils auraient tort, pour autant, de négliger ceux qui les ont devancés. Une prière de reconnaissance à leur propos est toujours de saison, et l’épître aux Hébreux nous indique une attitude juste et profitable en rappelant le témoignage de croyants d’autrefois (chapitre 11) et en recommandant l’imitation de la foi des porteurs de la Parole (13.7).
(Un article intitulé « Peut-on prier pour les morts … et solliciter leurs prières » paraîtra prochainement dans Théologie évangélique, la revue de la Faculté de théologie de Vaux-sur-Seine.)
Par Samuel Bénétreau
pasteur retraité des EEL, professeur à la Faculté de théologie de Vaux-sur-Seine (Yvelines)