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Peut-on être chrétien et suivre une psychanalyse ?

Pour moi, le rapport de la foi et de la psychanalyse ne s’est jamais posé en termes d’exclusion, ma formation y étant sans doute pour quelque chose. Chacun d’entre nous se trouve confronté aux questions que pose l’existence au travers de la souffrance, de l’angoisse, de la culpabilité, du doute, etc. Et plutôt que de se réfugier dans la névrose et dans la plainte, dans la fixation à ses souffrances, dans une culpabilité maladive, la psychanalyse permet de regarder en face la vie, loin des discours convenus et culpabilisants d’une morale ou d’une foi rassurantes.

Mais ce cheminement, qui rend chacun à sa singularité de sujet, demande du courage, un courage qui intègre et qui prend sur soi l’angoisse, la culpabilité, le doute. Courage qui est affirmation de soi « en dépit de », c’est-à-dire en dépit du doute, de la culpabilité, de l’angoisse, de la mort. La psychanalyse rend l’homme conscient de ce qu’il porte en lui ; elle lui permet d’affronter l’existence sans se bercer d’illusions rassurantes. Mais ce cheminement ne transforme pas le sujet dans la totalité de son être.

Cette transformation ne peut-être réalisée que par la foi. La grâce, par le moyen de la foi, guérit l’homme en le libérant (en termes bibliques, en le sauvant). Dieu vient à l’homme dans le Christ. Cela ne provient pas de l’homme et donc d’aucune technique psychothérapique ou autre, cela lui est donné. Jésus qui est le Christ est celui qui transforme l’homme radicalement et lui permet d’assumer et de surmonter toute angoisse, toute culpabilité.

Par Marc Opitz, psychiatre,
membre de l’EEL de Paris-Alésia