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Les orthodoxes adorent-ils les images ?

Chacun sait que les icônes tiennent une place importante dans la spiritualité des orthodoxes. Elles sont nombreuses dans les églises et on peut voir, lors des offices, des fidèles toucher, voire embrasser les icônes. Mais peut-on dire pour autant qu’ils adorent les images, je ne le pense pas.

Dans la pensée orthodoxe, les icônes ne deviennent pas des idoles, elles aident simplement à adorer ou vénérer ce qu’elles représentent : le Christ, la vierge Marie ou les saints. L’Orient a d’ailleurs été plus strict que l’Occident sur certains points et on ne trouvera pas de représentation de Dieu le Père dans les icônes. C’est l’incarnation seule qui permet la représentation.

Il est vrai que bien des non-orthodoxes ont été aidés dans leur prière par des icônes. Mais la tradition protestante est plus prudente en la matière, et si elle accepte des représentations, elle se méfie de toute relation de piété à leur égard. Peut-être est-ce sa vocation de rappeler à d’autres chrétiens que le danger d’idolâtrie est toujours proche et que le chemin est court qui va de l’icône à l’idole. Dans toutes les Églises, la piété populaire peut prendre des chemins que ne prévoyaient pas les théologiens.

En revanche, peut-être devons-nous écouter également l’avertissement que nous lancent parfois d’autres chrétiens. Il n’y a pas que les images qui peuvent devenir idoles. On peut se faire une idole de presque tout : convictions, doctrines, manières d’être ou de faire. Une bonne occasion pour nous de méditer la parabole de la paille et de la poutre…

Par Louis Schweitzer,
pasteur de la FEEB,
professeur d’éthique à la Faculté de théologie de Vaux-sur-Seine
et directeur de l’école pastorale de Massy