Qui a autorité sur nos Eglises , le conseil ou le synode ?
La question de l’autorité, son exercice avec ses crises et ses temps calmes, suscitent, dans l’Église comme dans la société, les plus rudes confrontations. Le mot autorité vient du latin augeo qui signifie augmenter. L’autorité est donc ce qui permet de croître, ce qui amène un plus, un mieux-être.L’autorité donne ainsi corps à la visée commune d’un groupe. En grec, le terme ex-ousia signifie dans son étymologie sortie de l’être. Avoir de l’autorité, c’est donc sortir de soi et se mettre au service. Une autorité n’est vraiment reconnue que là où elle ne vise pas à s’augmenter elle-même, mais quand elle travaille au dépassement d’une situation jugée insatisfaisante par le groupe. L’autorité du Christ s’est exercée dans cet esprit de service, recherchant l’augmentation, l’élévation des autres et non de lui-même. Nos Églises faisant Union ont choisi de se donner un gouvernement bicéphale, presbytéro-synodal, associant l’autorité du synode à celle de l’Église. Les décisions prises par le synode (assemblée des délégués des Eglises) font autorité dans les Églises et doivent être reçues et appliquées. Elles expriment la foi de nos Églises, définissent la vision, tracent les grandes orientations. Elles font autorité en ce sens qu’elles sont prises démocratiquement pour participer au mieux et au plus-être de chaque Église locale. Cependant, cette source d’autorité ne se veut pas totalitaire et accepte de s’effacer devant les particularismes. Elle respecte la diversité des sensibilités, dans la mesure où l’exercice de l’autorité locale – elle-même collégiale et démocratiquement choisie – est aussi source d’épanouissement pour la communauté. L’autorité s’exerce donc au sein de notre Union dans la fine alchimie du ET-ET et non dans l’intransigeance du OU BIEN-OU BIEN suggéré par la question.