« La prédication doit-elle s’interdire de faire de la politique ? »
Certains penseront, fronçant le sourcil, qu’il y a des questions qui ne méritent pas d’être posées, que politique et prédication sont aux antipodes, que le prédicateur doit savoir rester à sa place dans les hautes sphères d’une spiritualité sublime et désincarnée ! D’autres au contraire se souviendront que les Eglises libres sont nées en 1849 d’un choix politique fort, s’affranchissant de la tutelle de l’Etat.Ils se souviendront encore de leur contribution, en 1905, par des personnalités telle que Raoul Allier, à l’élaboration de la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat. Que dire encore de l’Eglise confessante d’Allemagne qui prit position contre le nazisme par l’engagement jusqu’à la mort d’hommes tels que Dietrich Bonhoeffer ? Certainement a-t-on adressé à ces hommes le reproche de mêler à leur prédication la politique…
Les prophètes de l’AT, n’ont pas hésité à dénoncer la corruption des dirigeants politiques, qu’il s’agisse d’injustice sociale, d’immoralité ou de mésalliance politique (Es 3.14s ; Amos 1 et 2 ; Mi 3.1s).
Les évangiles nous présentent un Jésus au ministère prophétique apparemment décalé vis-à-vis des questions politiques et du pouvoir en place. Il est prédicateur d’un Royaume nouveau, caché aux puissants et révélé aux humbles. Ce Règne de Dieu, déjà présent en Christ, possède cependant une vraie puissance de transformation du monde et des hommes. Le lépreux guéri et devenu croyant, n’est pas envoyé attendre la fin du monde sur une montagne, il doit aller se montrer aux prêtres pour reprendre sa place dans la société où il sera témoin du Christ libérateur. L’Evangile libère l’homme tout entier. Il devient alors inévitable que dans sa proclamation du salut, le disciple n’entre en conflit avec le mal. Quand les politiques appellent bien ou juste ce qui est dérive, quand leurs messages portent atteinte à la création, à l’accueil et la défense de l’étranger, à la paix dans le monde, la prédication doit faire jaillir la lumière du Christ. Elle ne prend pas parti pour quelqu’un, mais dans sa compréhension de la volonté de Dieu et de l’Evangile de la grâce, elle peut saluer ici un acte politique inspiré et dénoncer là une pensée injuste. Ce n’est finalement qu’une question de discernement et de courage.
Les prophètes de l’AT, n’ont pas hésité à dénoncer la corruption des dirigeants politiques, qu’il s’agisse d’injustice sociale, d’immoralité ou de mésalliance politique (Es 3.14s ; Amos 1 et 2 ; Mi 3.1s).
Les évangiles nous présentent un Jésus au ministère prophétique apparemment décalé vis-à-vis des questions politiques et du pouvoir en place. Il est prédicateur d’un Royaume nouveau, caché aux puissants et révélé aux humbles. Ce Règne de Dieu, déjà présent en Christ, possède cependant une vraie puissance de transformation du monde et des hommes. Le lépreux guéri et devenu croyant, n’est pas envoyé attendre la fin du monde sur une montagne, il doit aller se montrer aux prêtres pour reprendre sa place dans la société où il sera témoin du Christ libérateur. L’Evangile libère l’homme tout entier. Il devient alors inévitable que dans sa proclamation du salut, le disciple n’entre en conflit avec le mal. Quand les politiques appellent bien ou juste ce qui est dérive, quand leurs messages portent atteinte à la création, à l’accueil et la défense de l’étranger, à la paix dans le monde, la prédication doit faire jaillir la lumière du Christ. Elle ne prend pas parti pour quelqu’un, mais dans sa compréhension de la volonté de Dieu et de l’Evangile de la grâce, elle peut saluer ici un acte politique inspiré et dénoncer là une pensée injuste. Ce n’est finalement qu’une question de discernement et de courage.
Pierre Lacoste