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Accueil Début de réponse Le parler en langues est-il un signe de spiritualité accomplie ?

L’apôtre Paul avait une réponse succincte à cette question : « Supposons que je parle les langues des hommes et même celles des anges si je n’ai pas l’amour, je ne suis rien de plus qu’une trompette claironnante ou une cymbale bruyante. » (1 Co 13.1) Dans la suite de ce passage Paul ne rejette pas l’utilité possible du parler en langues mais il est clair qu’il n’en fait pas un critère de spiritualité accomplie. Ne serions-nous pas sur une fausse piste en cherchant un signe de spiritualité accomplie ? Cela voudrait dire que nous sommes tous pareils, que nous avons tous le même chemin à parcourir. N’est-ce pas cette pensée qui nous pousse à vouloir ressembler à telle image du chrétien modèle ? N’est-ce pas cette pensée qui nous culpabilise, et parfois nous accable quand, justement, nous constatons que nous n’y arrivons pas ? Mais dans le même passage de sa lettre aux Corinthiens Paul insiste surtout sur les différences : « Il y a toutes sortes de dons, mais c’est le même Esprit. » L’image du corps qu’il utilise pour parler de l’Église souligne la complémentarité de ses membres.

Au jeune homme riche qui l’interroge Jésus répond : « Si tu veux être parfait, va vendre tes biens, distribue le produit de la vente aux pauvres, et tu auras un capital dans le ciel. » (Mt 19.21) Est-ce possible que pour nous, chrétiens « riches » de l’Occident, la spiritualité accomplie (être parfaits !) concerne aussi notre porte-monnaie ? C’est possible. Mais une chose est sûre : La spiritualité accomplie ne sera jamais un état acquis. Paul exhorte par deux fois les chrétiens exemplaires (1 Th 1.7) à Thessalonique à « progresser encore » ! C’est peut-être ce désir de « progresser encore » qui sera le signe le plus sûr d’une spiritualité accomplie !

Clive Charlton