EST-IL NÉCESSAIRE D’ALLER AU CULTE TOUS LES DIMANCHES ?
Si un pasteur affirme « Il n’est pas nécessaire d’aller au culte tous les dimanches ! », il est sûr d’être, pour une fois, parfaitement entendu. Mais nécessaire pour qui ? Pour Dieu ? Certainement pas puisque je peux le rencontrer seul, dans ma chambre. Pour moi ? Pas davantage puisque, seul dans ma chambre, je suis déjà en communion avec lui. Pour l’Église locale ? Sa réponse sera certainement « oui » parce qu’elle … compte sur votre participation (surtout financière). « Nécessaire » : il semble qu’une dimension comptable soit sous jacente à ce terme. Pour s’assurer une réponse à toutes les demandes, une fidélisation dans la réception des grâces, il faut une présence très régulière auprès de son Dieu, dans le cadre de son Église : un donnant-donnant qui fait plus référence à Hermès, dieu du commerce (et des voleurs), qu’à Dieu lui-même. Or si votre spiritualité est ainsi devenue superstition, vous n’êtes plus dans la bonne Église, même si c’est tous les dimanches !Qu’en est-il de la motivation qui doit habiter un croyant à l’égard de son Dieu ? Si vous prenez conscience que Jésus-Christ, mort pour vous, est avec vous tous les jours, vous savez que la vie chrétienne en Église n’est pas une option. La présence au culte n’est pas à placer sur le même plan que les activités des clubs divers qui la concurrencent improprement dans nos agendas. Et penser que l’on peut être chrétien tout seul, c’est avouer un orgueil spirituel dont Dieu ne peut s’accommoder.
Ne pas aller au culte tous les dimanches ne changera rien, en apparence ! Mais ne pas entendre le message que Dieu veut que vous entendiez en Église (encore faut-il que la prédication vise la vie chrétienne en communauté) risque fort de miner le témoignage de cette Église. Certes, le dessein de Dieu ne s’arrêtera pas si l’Église se vide, mais faut-il qu’il s’accomplisse sans elle, et sans vous ? Par ailleurs, on peut être présent de corps au culte et totalement absent d’esprit –demandez à vos ados comment ils font, si vous ne vous en souvenez pas ! Mais ça, c’est un autre problème !
Éric Denimal