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Accueil Début de réponse Un chrétien doit-il donner la dîme ?

Donner le dixième de ses revenus est un commandement explicite de l’Ancien Testament. Trois lois différentes indiquent même trois usages différents de la dîme : pour le personnel du culte (Nb 18.24), pour les repas de fête (Dt 14.22-27), pour les pauvres (Dt 14.28-29). Les Juifs pieux en avaient conclu, assez logiquement, qu’il s’agissait de trois dîmes dont le montant s’additionnait. Le livre de Tobie (apocryphe) atteste cette pratique (1.6-8).
Face à cette surprise désagréable (30% au lieu de 10), on imagine facilement une ligne de repli : ne vivons-nous pas sous le régime de la grâce ? Le Nouveau Testament paraît bien confirmer cette objection : il ne mentionne plus la dîme comme consigne donnée aux disciples de Jésus.

Est-ce à dire que nous n’ayons plus d’obligation ? Le principe de deux obligations est clairement énoncé par les apôtres : celui de la solidarité envers les frères démunis (Ga 2.10) et celui du salaire dû aux serviteurs de la Parole (1 Co 9.14). Cela ne rappelle-t-il pas étrangement deux des dîmes de la loi : les lévites et les pauvres ? Dieu ne manque pas de suite dans les idées !
Si les besoins et les usages sont similaires, que penser de la proportion ? Aucun chiffre n’étant énoncé, on se référera aux exemples et aux exhortations. Les exemples ne manquent pas de surprendre et de stimuler : les premiers chrétiens de Jérusalem avaient tout en commun et la pauvre veuve citée en exemple par Jésus a mis dans le tronc tout ce qu’elle avait pour vivre (Mc 12.44). On passe de 30% à 100%. Certes l’apôtre Paul, dans son appel à la générosité, rassure ses lecteurs en leur précisant qu’il ne leur demande pas de s’exposer à la détresse pour soulager les autres, mais d’observer seulement une règle d’égalité où le superflu des uns comblera le manque des autres (2 Co 8.13-14).
La dîme vous paraîtrait-elle encore excessive ?

Emile Nicole