Les cataclysmes sont-ils des signes de Dieu pour le monde ?
Jadis on sous-entendait encore assez facilement que les catastrophes naturelles ou accidentelles étaient une punition de Dieu sur le monde pécheur. J’ai entendu un pasteur prétendre que Hitler était le bras de Dieu pour punir la France de ses péchés (il était suisse !). Il y a quelques années, un rabbin en Angleterre avait écrit que l’holocauste sous le régime nazi était un châtiment divin sur les Juifs, tout comme la catastrophe de Tchernobyl sur l’URSS, ou le Sida sur toute société permissive.
Ce genre de conclusion brutale tient sans doute plus de l’extravagance verbale que de la réflexion, mais à l’occasion du tsunami en décembre 2004, ces questions sont revenues dans les conversations.
La question posée ici n’est pas de savoir s’il s’agit de punition mais simplement de signe. Prenons un exemple des plus banals : dans toutes les fermes, sous tous les cieux, le coq chante au lever du soleil. Et cela n’est signe de rien du tout. Mais un jour, au petit matin, à Jérusalem, le chant du coq devint pour Pierre le signe indiscutable que la parole de son maître se réalisait. Ce chant du coq était un appel. Il provoqua chez l’apôtre des pleurs de repentance. Il est certain que personne ne remarqua ce coq ce jour-là. Ainsi les événements les plus banals peuvent devenir un signe de Dieu. Mais, ce qui est sûr c’est que ce signe ne peut être compris que de celui à qui il s’adresse. Je ne peux pas décréter que tel événement est un signe pour mon voisin.
Alors, il est possible que les cataclysmes soient ressentis par quelqu’un comme un appel de Dieu. Personne ne pourra le nier à celui qui le revendique pour lui-même. Mais personne ne peut imposer une telle conclusion à un tiers ou au monde.
Daniel Poujol
pasteur
pasteur