Un chrétien divorcé peut-il se remarier ?
L’Evangile n’est pas fait pour taper sur la tête des gens qui souffrent pour qu’ils ne soient surtout pas libérés. Je crois donc, en disciple du Jésus de Mt 19, et un peu du Paul de 1 Co 7, que quelqu’un dont le lien conjugal a été rompu, n’est plus lié ; il l’a été, il ne l’est plus (Mt 19 envisage le cas où il y a eu « pornéia », et 1 Co 7 celui où le conjoint a voulu se séparer, et l’on peut certainement étendre cela à toute situation qui brise de fait le mariage).
On peut espérer une réconciliation du couple, mais elle est rarement possible. Et il n’est pas dans la logique de l’Evangile que quelqu’un porte la malédiction toute sa vie parce qu’il a vécu un échec, quand bien même il y a une part de responsabilité. Pour les chrétiens, qui souffrent du divorce et de ses conséquences réelles, il n’y a donc que la grâce de Dieu, n’en déplaise aux pharisiens que cette grâce ne suffit pas à satisfaire.
Mais en quoi consiste cette grâce ? Elle a deux facettes principales :
1) Elle est pardon des offenses et redémarrage possible. Tout échec peut être l’occasion d’une confession et de la prière les uns pour les autres, dans l’esprit de Jc 5.16 c’est-à-dire en vue de la guérison. Et tout remariage doit être considéré comme un vrai mariage : mêmes engagements, même joie, mêmes promesses, même bénédiction de Dieu.
2) Cette grâce est aussi don du discernement, d’abord pour ne pas entraîner les enfants du divorce dans des combats aveugles, et ensuite pour ne pas répéter les mêmes scénarios avec un partenaire différent. Les personnes qui désirent se lancer dans une deuxième aventure conjugale ont tout avantage, pour eux comme pour leur partenaire, à se donner quelque moyen de discerner comment ne pas répéter les mêmes travers, pour construire autrement avec le matériau vivant qu’ils sont.
Joël Richerd