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Accueil Début de réponse Le Dieu de l’Ancien Testament est-il un Dieu d’amour ?

Guerres sanglantes, rigueur des lois et des châtiments divins, le Dieu de l’Ancien Testament n’a pas vraiment bonne presse. Et même le lecteur le mieux disposé et le plus confiant ne peut réfréner tout mouvement de doute ou d’interrogation.

Les déclarations d’amour divines ne manquent pas. De Moïse jusqu’à Malachie, c’est une constante de la part de Dieu de déclarer qu’il aime et cherche à être aimé en retour. Ces déclarations touchent même à l’aveu pathétique où il se surprend lui-même d’être autant remué par l’amour qu’il éprouve : « Ephraïm serait-il donc pour moi un fils chéri, un enfant choyé ? Plus je parle de lui, plus son souvenir est vivace en moi, de sorte que mes entrailles frémissent pour lui. » (Jr 31.20).
Une chose est sûre, on ne saurait le dire indifférent. Colère, jalousie, repentir, ces mots qui heurtent et déconcertent, il ne répugne pas à les employer pour parler de lui-même. Passionné, serait-il alors agité de passions contraires, imprévisible ? Sa capacité à déployer son action dans l’histoire la plus longue, sa disposition à faire alliance et à tenir ses engagements, témoignent de sa cohérence.
Amour et sévérité sont d’ailleurs étroitement liés dans l’une de ses présentations préférées : « le Seigneur, Dieu compatissant et clément, patient et grand par la fidélité et la loyauté, qui conserve sa fidélité jusqu’à la millième génération… mais qui ne tient pas le coupable pour innocent… » (Ex 34.6-7).
Ce début de réponse ne demande qu’à être prolongé. L’amour n’est-il pas la rencontre d’une personne dont l’identité dépasse et parfois bouleverse l’image qu’on s’en fait et l’image qu’on se fait de soi ?
Emile Nicole