La mission a-t-elle encore un sens maintenant que la colonisation est terminée ?
Tout ce que le grand public connaît de la mission chrétienne, c’est la forme qu’elle a prise dans l’histoire moderne. Des historiens n’ont pas hésité à parler, à propos de la mission, d’un « impérialisme en prière », tant la collusion avec les puissances coloniales semblait évidente.
Mais la colonisation par les pays européens n’a pas toujours été accompagnée d’une action missionnaire (comme par exemple la présence française en Algérie où les missions étaient purement et simplement interdites), et inversement la mission n’est pas toujours venue en renfort d’un projet colonisateur (comme par exemple la Société des Missions Evangéliques de Paris, issue du Réveil en France, qui s’est engagée très tôt en Afrique du Sud). En réalité, la mission n’a jamais été liée de façon nécessaire à la colonisation, même si les sociétés missionnaires ont dû apprendre à se faire accepter par les gouvernements en place dans les pays où elles étaient engagées.
La raison d’être de la mission, aujourd’hui comme aux premiers jours de l’Eglise, ne dépend pas du soutien politique qu’elle peut recevoir, mais d’un besoin irrépressible de faire connaître la Bonne Nouvelle de la réconciliation avec Dieu et avec son prochain : « Vous recevrez de la puissance quand l’Esprit Saint viendra sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et en Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre » (Ac 1. 8).
Olivier Risnes