Y a-t-il vraiment une vie après la mort ?
S’il n’y a rien après cette vie, pourquoi craindre « rien » ? Peur de l’inconnu ? Horreur du vide qu’on remplit de croyances ? Ou peur de rendre des comptes pour sa vie passée ? En tous cas, on essaye de se rassurer à bon compte.
Le livre du Dr Moody, « La vie après la vie » fait partie de cette stratégie. Disons tout de suite qu’il n‘ a aucune valeur scientifique, que ces témoignages de décorporations et de traversées de tunnels lumineux ne prouvent rien[1]. L’appellation française pour ces expériences dit bien ce qu’elle veut dire « expérience de mort imminente » (EMI) : il s’agit de personnes qui ont frôlé la mort mais pas de morts revenus à la vie. En revanche quelqu’un qui est vraiment revenu de la mort, d’après l’Evangile de Jean, c’est Lazare. « Il sent déjà » dit Marthe, gênée. Rien à voir avec un coma ou un arrêt momentané du cœur. Pourtant Lazare ne répond pas à nos questions : il ne dit rien de son expérience. En revanche, Marthe qui se révolte contre la mort, qui ne trouve pas que la mort c’est « rien », reçoit une réponse de Jésus : « Celui qui croit en moi vivra, quand même il serait mort. Crois-tu cela ? ». Et Marthe fait le pari de la foi : « Je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu », c’est-à-dire : « Je crois que tu es celui qui a le pouvoir de donner la vie à qui se confie en toi » . Pour moi, la première question n’est pas : est-ce que je vivrai après ma mort, mais est-ce que je vis aujourd’hui avec le Christ ? Vivre, c’est être auprès du Seigneur ! Etre loin du Seigneur voilà la mort la plus terrible…
Luc Olekhnovitch
[1] Bonne étude critique du phénomène par un évangélique : Richard ABANES, « Journey Into The Light », Grand Rapids , Baker Books ,1996. Voir aussi les articles de Claude Buchhold et de Paul Arnéra dans « Ichthus » n°78, 1978.