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Accueil Début de réponse L’homme est-il libre puisque c’est Dieu qui donne la foi ?

Signalons d’abord que lorsqu’on a dit (ou chanté) : « Dieu m’a donné la foi », on n’a pas tout dit ! Les textes bibliques sont généralement plus mesurés dans leur formulation. Certes, dire que la foi vient de Dieu est à la fois biblique et logique. Logique parce que tout ce qui est bon vient de lui, parce que nous sommes trop englués dans le péché pour pouvoir réagir correctement à la révélation. Biblique parce que le N.T. le dit : « Dieu vous a accordé la grâce de croire en lui » (Ph 1.29 ; cf. aussi Ep 6.23 ; 2 P 1.1 ; Jn 6.44).

Dans les évangiles, la foi est la réponse qui convient à la parole du Christ, ou simplement à sa présence. Le premier message de Jésus est d’ailleurs une invitation à croire (Mc 1.15). Dans ce sens, la foi est une décision humaine. Ce verbe « croire », qui dans les évangiles est presque équivalent à « devenir disciple », exprime un acte qui implique toute la personne. Si la foi est le « lâcher prise » de l’être humain qui place en toute confiance sa vie entre les mains de Dieu, si la foi consiste à « prendre appui » sur le rocher de Dieu, si elle est attachement au Seigneur, alors il est peu probable que quelqu’un puisse se lancer à ma place.
Dire que « Dieu donne la foi », c’est reconnaître la grâce du salut, le caractère immérité du don divin. C’est aussi l’expression subjective de notre expérience : après coup, il nous arrive de réaliser que tout nous conduisait à la foi, que le chemin était déjà balisé, que nous n’y sommes pour rien.
Pourtant, il serait dommage de sous-estimer l’appel à la foi, l’invitation à la responsabilité, l’erreur que représente l’incrédulité. De notre point de vue, nous ne pouvons pas supposer que Dieu fera à la place de l’être humain ce que celui-ci est invité à faire. Tout vient de Dieu. Mais chacun est responsable de sa vie et « libre » de ses choix. Mais pour que la vraie liberté humaine puisse s’exprimer, il faut peut-être que Dieu « donne » ce qui est nécessaire.
Christophe Paya