Septembre 2009 : quelle rentrée pour la pauvreté ?
L’actualité de ce mois se penche sur la réalité locale d’une association caritative engagée contre la pauvreté. Coup de projecteur et analyse de la situation française.L’abbé Pierre disait souvent « Si demain on déclarait la guerre, on trouverait des moyens pour la mener, alors déclarons la guerre à la pauvreté, sans nous arrêter à la question des moyens ». Ah ! si cela pouvait se réaliser !
Pourtant même dans une association à but humanitaire et caritatif, la crise est bien là.
La société connaît quant à elle des changements rapides dans tous les domaines. Elle est de plus en plus individualiste, concurrentielle et exclut de plus en plus. La crise financière actuelle accentue et amplifie encore les phénomènes de précarisation. L’objectif de tous les bénévoles d’associations caritatives doit être de montrer que l’action solidaire avec les plus démunis est une véritable alternative sociale, et que les pauvres savent combattre la misère dès lors qu’ils sont rejoints par des hommes et des femmes qui partagent cette conviction.
La situation
La pauvreté change également de visage. Des jeunes de plus en plus désocialisés frappent à la porte de notre accueil de jour des sans domicile fixe. Des familles entières se retrouvent à la rue. Les personnes âgées s’adressent à notre épicerie sociale parce qu’elles n’ont plus de quoi vivre, etc.
Sur le plan économique, nos magasins de vente de produits donnés, récupérés et réparés ont un chiffre d’affaires qui progressivement diminue alors que la fréquentation augmente. Mais, les clients qui achètent dans nos magasins font de plus en plus attention. De nouvelles activités d’échanges, de troc, de vente d’occasion, de sites Internet se développent et constituent autant de menaces potentielles pour nos activités. Mais surtout, les montants des subventions ne progressent plus alors que les charges augmentent (ceci est dû principalement aux hausses de l’énergie et charges salariales).
Réagir
Que faire pour continuer de servir premièrement les plus souffrants ? Comment agir pour apporter des réponses renouvelées aux détresses humaines ? La réponse est simple : continuer le combat !
Ainsi l’association Emmaüs de Beauvais doit faire face à la rémunération de 45 salariés (dont la moitié ont des contrats de réinsertion) alors que le fruit de nos ventes en magasins ne représentent que 50 % de nos besoins. Le reste provient des subventions extérieures (ville, département, région, État). Il nous faut donc aller de l’avant avec confiance et trouver de nouvelles idées, de nouveaux projets de lutte contre la pauvreté et le chômage. Ainsi, venons-nous de créer une activité de déménagement social pour les plus démunis avec des subventions de la ville et du département qui nous aideront à équilibrer nos comptes.
Travail utile et passionnant que tout cela. Les difficultés financières liées à la crise ne doivent en aucun cas nous faire dévier de notre mot d’ordre : ne pas subir, toujours agir.
Par Paul Farelly,
président d’Emmaüs Beauvais
Par Paul Farelly,
président d’Emmaüs Beauvais