Quelle motivation pour protéger la planète ?
Le premier sommet international « Une seule terre » a été organisé par les Nations Unies à Stockholm en 1972. Vingt ans plus tard, après plusieurs catastrophes écologiques majeures, la conférence de Rio a rassemblé les délégués de 178 Etats. Elle a débouché sur la rédaction de conventions et de programmes sur les changements climatiques, la lutte contre la pauvreté et la protection de l’environnement.Le bilan du Sommet mondial pour le développement durable, qui s’est tenu à Johannesburg en 2002, a été dans l’ensemble positif. Le protocole de Kyoto, élaboré en 1997 et qui porte notamment sur la réduction des gaz à effet de serre, a été ratifié par la majorité des États représentés. Plus récemment, le 15 décembre 2007, à Bali, un nouvel accord global sur le changement climatique a été signé. Les États-Unis, le Canada, le Japon, la Chine et l’Australie ont de nouveau marqué leur différence, voire leur réticence, mais ils se sont finalement engagés à réduire les gaz à effet de serre et à poursuivre les négociations en vue d’adopter un nouvel accord, en 2009, à Copenhague. La question demeure, toutefois : quels sont les effets concrets, à toutes les échelles, de ces traités discutés et signés en haut lieu ?
De nombreuses voix s’élèvent pour formuler une critique plus ou moins radicale de ces sommets internationaux. On accuse les représentants des nations de se complaire dans des négociations sans fin. On reproche aux traités leur idéal contredit par une réalité dominée par la toute-puissante économie. On demande aux gouvernements de respecter ces accords et de prendre des mesures efficaces pour protéger la nature et les populations. On redoute enfin que seule une catastrophe majeure n’engendre un sursaut salutaire, un changement de comportement suffisant, s’il est encore possible, pour inverser les courbes les plus vertigineuses de la dégradation de notre planète. Il faut donc revenir, nous dit-on, à une exploitation plus mesurée des ressources naturelles, à un mode de vie plus équilibré, plus sobre et sage, une véritable « conversion » !
La foi, moteur du changement ?
Quelle motivation pourrait nous pousser à vivre « autrement » ? En tant que chrétiens soucieux de mettre notre foi en pratique, nous nous devons de remplir le mandat de bien « cultiver et garder la terre », assigné à l’humanité tout entière par le Créateur. Nous sommes à ce titre placés devant un triple défi : réévaluer notre rapport au temps, à l’espace et aux ressources naturelles ; cela nous conduit à reconsidérer notre rapport à l’argent, à la technique et à la consommation. Nous sommes invités à nous reposer en Dieu avec confiance, à dominer et soumettre la terre avec la sagesse du roi et la bienveillance du berger, à user des ressources de ce monde avec justice et à les économiser avec prudence : nous ne sommes que les hôtes temporaires de cette planète que nous voulons conserver pour la gloire de Dieu et le bien de nos semblables et de nos enfants…
Pour un développement sur ce sujet (Bible et écologie) :
www.cemfrance.org/articles.html.
Voir aussi "D’un jardin à l’Autre" de Frédéric Baudin, Aix-en-Provence, CEM, 2006,
et "Dieu est-il vert ?" de Frédéric Baudin, Croire Pocket, Paris, 2007.
Sur le plan pratique, l’association A Rocha France œuvre pour la protection de l’environnement dans une perspective chrétienne : www.arocha.org.
Le Défi Michée propose des solutions pour renforcer la justice sociale et combattre la pauvreté : www.defimichee.org.
Le Défi Michée propose des solutions pour renforcer la justice sociale et combattre la pauvreté : www.defimichee.org.
Par Frédéric Baudin,
directeur de Culture-Environnement-Médias (CEM)
et membre de l’EEL d’Aix-en-Provence