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Le Français est inquiet !

Dans le climat actuel, nos Églises ont un rôle primordial à jouer auprès des Français.

Le saviez-vous ? Le Français est inquiet. C’est le résultat d’une grande enquête menée fin 20071 sur la situation de la France au regard des nouvelles réalités sociales européennes. Une enquête européenne qui nous présente un Français paradoxal. Ce Français avoue être plutôt plus heureux que l’Européen moyen, être fier de son modèle social jugé exemplaire, vivre dans un pays plus riche et mieux armé contre les inégalités que ses voisins européens.
Et pourtant, ce Français détonne par deux traits de caractère :
– La défiance : il tolère mieux que ses voisins la fraude fiscale, la fraude dans les transports ou encore la fraude aux aides publiques. Il fait moins confiance aux autres, aux syndicats, au Parlement, à la police ou à la justice.
– La crainte de l’avenir : 71 % des Français (contre 47 % des Européens) voient la mondialisation comme une menace, et 76 % des nôtres (contre 64 % des Européens) pensent que la vie de leurs enfants sera plus difficile que la leur ! Nous sommes 86 % à penser qu’il peut arriver à n’importe qui de tomber dans la pauvreté au cours de sa vie, contre 62 % dans l’Europe des 25. Comment expliquer le caractère anxieux des Français ? Certains invoquent une réalité économique morose, un taux de chômage plus élevé qu’en Europe et qui pénalise particulièrement les jeunes. D’autres dénoncent l’emprise médiatique qui nourrit abondamment nos craintes de tous ordres : écologiques2 économiques, sociales et sanitaires…
Sans chercher d’autres causes, je propose plutôt de réfléchir aux solutions. Tout d’abord pour nous-mêmes. Nous identifions-nous à ce Français plutôt heureux, mais défiant et anxieux ? Le contraire m’étonnerait ! Et pourtant, ne vivons-nous pas aujourd’hui dans le Royaume qui s’est approché avec la venue du Christ (Mt 3.2) ? N’avons-nous pas déjà commencé à vivre avec Dieu par son Esprit qu’il nous donne pour venir au secours de notre faiblesse (Rm 8.26) ? N’avançons-nous pas chaque jour vers la pleine réalisation des promesses d’un Dieu qui dit être avec nous chaque jour jusqu’à la fin du monde (Mt 28.20) ? Voilà, à mon avis, une vision plus nourrissante que celle des scandales médiatiques qui ancrent dans nos esprits la peur de la baisse du pouvoir d’achat, de la recrudescence des cancers et des catastrophes écologiques.

Une belle opportunité de retrousser nos manches
Et pour les autres ? Quelle belle opportunité de retrousser nos manches et de surfer sur cet état de peur ! Si Dieu nous a placés dans un pays d’angoissés, n’est-ce pas pour donner force à son Évangile ? Alors pourquoi l’Église, debout partout en France, ne proclamerait-elle pas (Ac 17.22-34) : « Hommes français, je vous trouve à tous égards extrêmement anxieux. Car, en parcourant vos séries télévisées, vos journaux et en considérant vos contrats d’assurances et vos grèves, j’ai même découvert un autel avec cette inscription : “A une solution d’avenir, inconnue, à nos peurs”. Ce que vous révérez sans le connaître, c’est ce que je vous annonce. Le Dieu qui a fait le monde et tout ce qui s’y trouve, étant le Seigneur du présent comme de l’avenir, est venu apaiser vos craintes et placer dans vos cœurs l’espérance… »

Par Alexandre Nussbaumer,
pasteur de l’Eglise évangélique mennonite de Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine)