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Saison d’anniversaires !!

Novembre 2005 marque le 70ème anniversaire de notre journal PLV. Mais cette année est aussi l’occasion de bien d’autres célébrations, en particulier les centenaires à la fois de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat – votée le 9 décembre 1905, et de la Fédération protestante de France – constituée le 25 octobre 1905. Les Eglises libres ont joué un rôle moteur dans la création de la FPF. Petit rappel…

En ce début de 20e siècle, l’enjeu de la création de la Fédération protestante de France s’est trouvé être double : rapprocher les Eglises issues de la Réforme, particulièrement divisées en ce temps là ; adopter une attitude commune lors de la mise en place du régime de séparation des Eglises et de l’Etat.
 
L’initiative aux libristes !
Le 13 janvier 1904, un petit groupe de dix personnes se réunit dans les locaux de la Chapelle Taitbout (alors libriste), rue de Provence à Paris, dans le but de "provoquer un rapprochement des Eglises protestantes de France". Cette réunion est due à l'initiative de la Commission synodale des Eglises évangéliques libres dont le synode, réuni un an auparavant à Clairac, a émis le vœu d'un tel rapprochement et souhaité que celui-ci se fasse « sans délai ». Edouard Gruner, président de la Commission synodale des Eglises libres, invite donc les Eglises qui souhaitent aller dans ce sens à se réunir autour d'une même table. Quatre d'entre elles répondront favorablement à l'invitation : la Commission permanente du Synode général officieux des Eglises réformées (de tendance réformée "orthodoxe"), la Délégation libérale des Eglises réformées, l'Eglise évangélique méthodiste, et, bien sûr, l'Union des Eglises évangéliques libres.
 
Commission d'étude, projet de Fédération protestante, rédaction des statuts... Un mois plus tard, la balle est dans le camp des synodes, seuls habilités à décider de l'adhésion de leur Eglise à cette nouvelle instance du protestantisme français. Le 25 octobre 1905, les demandes d'adhésion de cinq Eglises sont enregistrées (les quatre déjà citées, plus les luthériens) et la Commission, toujours présidée par E. Gruner, déclare la FPF "constituée en principe". Son conseil tiendra sa première séance en 1907 et sera présidé par E. Gruner jusqu’en 1927. La première Assemblée générale de la FPF aura lieu à Nîmes, en octobre 1909.
 
Relation mouvementée
Les articles fondateurs restent entièrement d’actualité. Née du « devoir de manifester publiquement l’union fraternelle des protestants français » (art. 1), la Fédération protestante « laissera subsister dans leur intégrité, les principes, la discipline, la liturgie et l’organisation propres à chaque Eglise » (art. 2). Le Conseil devra « travailler à faire entrer dans la Fédération les autres Eglises protestantes, afin d’aboutir à une représentation unanime du protestantisme français » (art. 6).
 
Quant aux libristes, initiateurs de la première heure, ils éprouveront des réticences plus tard, après le traumatisme de 1938, les Eglises restées dans l’Union n’étant guère portées vers l’œcuménisme, et se retireront en 1963 à l’occasion d’un changement de statuts. Mais les situations évoluent… de part et d’autre… Depuis 1996, les Eglises libres ont retrouvé leur place au sein de cette représentation protestante, et participent à la riche diversité de cette grande famille, vécue non comme un handicap ou une anomalie, mais bien comme une richesse à vivre et à partager.
 
Mireille Boissonnat