L’INFO CONTINUE … SANS LA TÉLÉ
Nous avons été abreuvés d’informations sur le raz de marée en Asie et il faut reconnaître que rarement un sujet d’actualité n’est resté aussi longtemps à la une de nos journaux. Il est vrai aussi que le nombre de victimes est effrayant… mais moins important que lors du tsunami de 1979 que nous avons bien oublié !
Vu à la télé !
Un journaliste se pose trois questions : Qu’allons-nous annoncer ? En parler jusqu’à quand ? Que décidons-nous de ne pas dire ? La dernière question est importante parce que l’information que l’on ne donne pas n’existe pas. En effet, la médiatisation est à ce point à la fois sélective et universelle que ce qui n’est pas révélé (notamment à la télévision) n’est pas. Le monde est réduit à ce que l’on peut en montrer. Pour qui peut voir toutes les chaînes du monde et sur tous les thèmes, est-il possible d’imaginer que quelque chose ne soit pas dans la télévision ?!
Il y a une époque où la question était : la télé déforme-t-elle ce qu’elle montre du monde ? Aujourd’hui, le débat est ailleurs puisque la télé c’est le monde. Ce qui n’est pas à l’image n’existe pas.
Lorsque l’ONU déclare : Oui, il y a le drame en Asie, mais n’oubliez pas le reste du monde ! elle ne dit pas autre chose que : attention à l’arbre qui cache la forêt. Voyez comme nous avons vite occulté les victimes de la tempête en Haïti avec ses 3000 morts officiels !
Les nouveaux maîtres
Et puisque tout ce qui existe est dans la télé, ceux qui maîtrisent la télé maîtrisent le monde. Ce n’est pas une équation nouvelle puisque la presse écrite, qui en France appartient presque essentiellement à un seul groupe (idem dans d’autres pays du monde) s’est souvent inquiétée de son propre sort et de la liberté des journalistes. Or, ces derniers s’alimentent souvent auprès d’agences de presse, lesquelles sont … trois importantes et sérieuses : deux américaines et une française. L’objectivité devient visiblement aléatoire lorsqu’on sait, par exemple, que l’agence de presse officielle des pays arabes est… France-Presse, subventionnée par l’État français ! C’est dire, par voies de conséquences, que la politique française au Proche-Orient se vérifie par le traitement des informations, voire du cas de certains journalistes otages !
Le 20h n’est donc pas simplement une façon de tenir informé le public, c’est une manière de le « conduire ».
Pris dans la toile !
Ce phénomène s’accentue avec Internet. Ainsi un moteur de recherches sur « la toile », qui centraliserait tout, pourrait décider de l’information qu’il donne et celle qu’il ne donne plus. Il dominerait alors le monde et le savoir. Rien de plus simple ! Si des manipulateurs malveillants décidaient que les camps de concentration nazis n’ont jamais existé, il suffirait d’enlever cette réalité dans les données des moteurs de recherches et, ni vu, ni connu, voilà que Le Pen aurait raison.
Au fait, savez-vous que le moteur Google gère aujourd’hui 97 % des recherches sur le Net !?
Notre désir d’être informé de tout, tout de suite, tout le temps, a ses limites et ses dangers. Nous ne pouvons tout absorber et surtout, nous ne devrions pas accepter de devenir le jouet de toutes les volontés d’influences calculées. Écouter les infos, voir les images, oui, pourquoi pas ! Mais de la même façon que nous apprenons à regarder pour voir ce qu’on ne nous montre pas et à écouter en vérifiant ce qui n’est pas dit, nous devons aussi prendre conscience de tout ce qui existe et de tout ce qui n’est ni montré, ni dit. Or, les chrétiens, par leurs réseaux propres (et à maintenir) peuvent éviter oublis, abandons et méconnaissances.