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2003. Année de la Bible. 2003 année de l’Algérie en France. Sans doute d’autres « années » encore...

« C’était l’année de la mort du roi Ozias. Je vis le Seigneur…(1) »

C’est le repère historique que donne Esaïe pour situer son extraordinaire rencontre avec le Seigneur. Mais il est évident que c’est plus qu’un repère historique. La mort du roi signifiait un temps de fragilité politique, de risques sociaux, religieux. Et la vision du Dieu Saint dans ce contexte prend une signification particulière pour Esaïe. Vision qui se terminera par l’envoi du prophète avec un message pour le peuple.

2003. Année de la Bible. 2003 année de l’Algérie en France. Sans doute d’autres « années » encore.(2)

Commençons par l’année de la Bible. Qu’avons-nous vu ? Qui avons-nous entendu ? Vers qui avons-nous été envoyés avec un message pour cette année de la Bible ?

Il ne suffira pas de compter les bibles distribuées ou les expositions visitées et de faire un constat d’autosatisfaction. Si le Seigneur lui-même n’a pas été entendu, et si personne ne s’est levé à son appel, l’année de la Bible restera un repère banal.

Année de l’Algérie en France : et là , qu’avons-nous vu ? Peut-être que quelques-uns avaient déjà oublié qu’il y avait une année de l’Algérie. Et le terrible tremblement de terre du 22 mai dernier qui vient de laisser des milliers de morts et des milliers de personnes dans la détresse du deuil et du dénuement, ce tremblement de terre vient de nous rappeler tragiquement que l’Algérie est au premier plan de l’actualité. Quelle vision avons-nous de l’Algérie ? Bien sûr il y a les formules répétées et un peu émoussées comme « jeter un pont entre les deux rives de la Méditerranée », ou « renouer le dialogue avec les Algériens ». Mais on peut leur redonner du sens. Il n’y a pas que deux dates à retenir, 1830 et 1962, quand on pense à l’Algérie. Et sans en faire une date historique, on pourrait souligner l’année 2003 pour en faire le départ d’une nouvelle attitude envers l’Algérie. Et pour ceux qui voient encore ce pays comme le bout du monde, il y a au moins près de chez nous, en France, de multiples occasions de rencontrer un Algérien, de faire connaissance avec une famille algérienne.

Le temps où l’on se plaisait à poser des questions sans réponse est heureusement un peu révolu. Maintenant on admet qu’on a aussi besoin de réponses. Alors, je suggère qu’avant la fin de l’année, nous nous renseignions sur les multiples manifestations qui auront lieu dans ce cadre de l’année de l’Algérie en France, et que nous fassions un geste pour marquer que nous sommes debout, envoyés, présents, accueillants.

On ne pourra sans doute pas tout de suite vendre ou donner une Bible, mais on peut chercher avant la fin de cette année à voir, là aussi, le Seigneur dans nos rapports culturels et religieux .

C’était l’année de la Bible. C’était l’année de l’Algérie en France. Je vis le Seigneur….qui disait : « qui enverrai-je ? qui sera notre porte-parole ? ».

Ce ne serait sans doute pas facile, mais pourquoi, en Eglise ou individuellement, n’essayerions-nous pas de faire de ces deux « années »une seule ?

-« Moi, répondis-je, tu peux m’envoyer ».

Daniel Poujol

(1) Esaïe 6 1-8

(2) Je n’ose pas mentionner l’horrible année de la guerre contre l’Irak. On m’a dit qu’on en avait déjà trop parlé. 2003 aura été aussi l’année de la Côte d’Ivoire et de bien d’autres pays.